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La télévision américaine a très souvent eu la réputation d’être une des plus violentes, avec toutes ses séries et téléromans policiers, mais heureusement, dans toute la diversité, certaines émissions se démarquent, comme CSI : Crime Scene Investigation, dont le succès fut tellement grand qu’on en vit une adaptation vidéoludique, qui réclama, comme son homologue non interactif, quelques critiques élogieuses. Nous sommes en Amérique, alors qui dit succès dit automatiquement suite, alors 369 Interactive nous sert aujourd’hui CSI : Dark Motives (ou Les Experts : Meurtres à Las Vegas en français), un deuxième opus aux attentes très hautes.
 Le jeu commence dans un contexte très semblable au premier, alors qu’on amène le joueur à se glisser dans la peau d’un futur agent de l’escouade CSI, qui doit faire preuve de talent afin d’être intégré au groupe d’enquêteurs. Et, évidemment, justement on a plein de cas pour les détectives en herbe qui n’ont soif que de cela depuis le premier opus, très bien accueilli par le public. Nos aides sont évidemment tous de retour, à savoir Brass, Robbins et Sanders, tout comme les valeureux superviseurs Stokes Brown et les deux jolies dames, désignées par Grissom, celui qui nous accueille à notre poste pour nous faire des présentations avec notre coéquipier, qui soit dit en passant sont beaucoup plus longues et élaborées que dans le premier CSI. Il faut dire que pendant la résolution d’enquêtes, on peut difficilement prendre connaissance avec nos collègues, puisque nous sommes tous accaparés par le boulot qui s’avère, ma foi, fort intéressant et ce, malgré sa complexité.
 En tout cas, on ne peut pas se prononcer à l’effet que les développeurs de Dark Motivess aient été négligeants envers les fans qui en demandaient plus, puisque chose attendue chose faite, on a mis le paquet dans ce nouvel opus, qui offre un défi nettement plus divertissant que son prédécesseur. Tout d’abord, la difficulté a été révisée complètement, ce qui implique du gratte-coco intense lorsque rien ne va plus et qu’on est à cours d’idées, indices et surtout, de patience, pour continuer notre enquête. Parfois, des indices sont hyper évidents, mais ils sont ainsi, si je me puis interpréter, pour mettre en confiance le joueur qui croit que ça n’est qu’une petite partie de plaisir, alors qu’il s’agit plutôt d’une impasse en perspective. Bref, ne prenez pas trop confiance en vous-même trop vite, se heurter contre un mur alors qu’on ne regarde pas devant soi, ça fait mal, surtout quand le mur n’était pas apparent 5 secondes auparavant. Oui, l’enquête avance toujours un peu au fur et à mesure que l’on fouille un peu partout, mais parfois, on ne sait trop que faire avec tout le matériel à notre disposition. Quoiqu’il en soit, constatez-le, le défi est surprenant, une amélioration flagrante par rapport au premier CSI.
 Côté jouabilité, à peu près rien n’a changé, les adeptes s’y reconnaîtront à coup sûr. Les mêmes menus sont de retour, avec les mêmes onglets, images, fonctions… Bon, d’accord, ça manque un peu d’originalité, mais cette interface a fait ses preuves et fonctionne merveilleusement bien, jusqu’à temps qu’elle bogue et que les écrits ne soient plus lisibles (et ce bogue est fréquent et inexpliqué jusqu’à maintenant). Malgré cette lacune (qui tarde à avoir une retouche, en passant), ça n’enlève rien à l’intuitivité des commandes, qui se résument pour la plupart du temps en pointer-cliquer et glisser-déposer, mélangés avec un brin d’observation du changement de couleur du curseur, bref, la routine de tout bon jeu d’aventure sur le marché. Toutefois, ce qui est tout simplement génial, c’est qu’on peut ajuster le niveau de difficulté du jeu, justement en désactivant les «hot spots», laissant ainsi libre cours à vos aptitudes dans une quasi-simulation d’enquête sur une scène de crime. Alors, à quand mon diplôme de coroner?
 La qualité d’un jeu d’aventure (et d’enquête, dans ce cas-ci) réside sur des bases qui se doivent d’être solides pour apprécier l’expérience de divertissement au maximum. Une de ces bases archi-importantes à la conception d’un titre du genre est évidemment l’écriture d’un scénario qui se tient debout et qui sait nous accrocher. Même si CSI: Dark Motives nous propose cinq enquêtes bien distinctes, contrairement au premier opus qui reliait une multitude de cas afin d’y créer un lien, l’auteur de la série a néanmoins concocté des épisodes où la qualité règne du début à la fin, sans besoin d’étirer la sauce. On navigue dans un parcours certes prédéfini dans une linéarité sans précédent, mais il s’agit d’une route sans faille dont on apprécie chaque moment. Si j’ai trouvé que c’était si bon, il faut dire que mon esprit sanguinaire, le Jason en moi, a adoré les rares bouts dégoûtants du premier CSI ; dans Dark Motives, on double facilement le nombre de ces scènes explicites, ce qui n’est pas surprenant. Avec son ambiance, son atmosphère lugubre de meurtres et tentatives de meurtre, le jeu n’est véritablement pas destiné à un jeune auditoire, bien au contraire… À moins que vous ne vouliez faire faire des cauchemars à votre petit cousin.
 Les magnifiques scénarios sont appuyés par un graphisme tout aussi lugubre que l’ambiance imposée, particulièrement les cinématiques qui sont incroyablement bien réussies. Les décors, pré-rendus, montrent également cet atmosphère macabre, mettant l’accent sur la lumière – ou dis-je, l’absence de lumière, puisque l’action se passe dans les endroits peu illuminés, pas du tout réconfortants. Malheureusement, même si l’ambiance est parfaitement créée et si bien maîtrisée, il n’en demeure pas moins que la qualité elle-même du graphisme n’est guère impressionnante, par rapport à beaucoup de jeux du même type sur le marché. Et pré-rendu ne signifie pas nécessairement fluidité, puisque le jeu nécessite quand même une configuration respectable pour rouler Dark Motives, ce que je ne comprends pas vraiment, non, vraiment pas quand on sait qu’un jeu comme Syberia roule à merveille sur une majorité de machines malgré les personnages 3D, chose qu’on ne retrouve pas dans CSI, évidemment. De plus, le chargement de chaque enquête, même après installation complète du jeu sur le disque dur, est pratiquement interminable. Attendre 90 secondes pour charger un niveau de UT2004 avec des textures en haute résolution et une masse de polygones, ça me va, mais en attendre 120 pour charger des images à peu près statiques, c’est inacceptable.
 Tout comme l’aspect graphique, les sons nous font littéralement plonger dans l’ambiance du jeu, à condition qu’ils soient présents. Quelques bruits de fond, une petite musique ici et là, quelques bruits pour la collecte d’objets, c’est à peu près tout ce qui forme la trame sonore de CSI : Dark Motives, mis à part les voix. C’est un crime d’avoir tant omis cet aspect du jeu, qui est pourtant si important… Mais c’est probablement une question de budget, d’ailleurs, la plupart des sons sont recyclés de l’émission ou de l’opus précédent. En revanche, les acteurs de la série ont prêté leurs voix au jeu et ont doublé remarquablement bien leurs alter ego virtuels. Les dialogues sont crédibles, on sent l’émotion qui y est dégagée, bref, du bon boulot ; alors voilà où s’était dirigé le budget…
 Malgré ses lacunes, parfois importantes, parfois dérisoires, on ne peut que rester accroché à CSI : Dark Motives et à ses cinq enquêtes, toutes plus intenses les unes que les autres. Dépendamment de votre niveau, ou de celui que vous avez attitré au jeu, les enquêtes peuvent prendre d’une à cinq heures de votre temps chacune, bref, c’est un excellent jeu pour ceux qui aiment bien jouer par doses, tout comme ceux qui préfèrent passer leurs jeux d’une seule traite, puisque c’est presque faisable, à condition d’être un expert dans le genre. Personnellement, j’ai dû y passer plus d’une vingtaine d’heures, c’est assez énorme comparativement à la moyenne de temps requis pour passer un jeu d’aventure régulier.
Jouabilité
| Tout est pensé de A à Z, de manière à ce que le joueur soit déstabilisé lorsqu’il est en confiance. L’interface est conviviale et simpliste; elle reprend essentiellement les mêmes principes que le premier CSI. Mais, par-dessus tout, c’est amusant! |
18 /20 |
Scénario
| Les cinq macabres enquêtes sont remplies de rebondissements, pour la plupart des découvertes d’indices, bref, on s’accroche rapidement au scénario, qui a été écrit par le même auteur que l’émission (Max Allan Collins). Ceci dit, le jeu est plutôt linéaire. |
17 /20 |
Qualité graphique
| L’action à l’écran se passe dans des décors pré-rendus de bien moyenne qualité, et malgré tout on trouve le culot de ne pas optimiser le jeu pour les vieilles configurations et de foutre des temps de chargement interminables. Les cinématiques, par contre, sont ravissantes! L’ambiance y est, mais ça aurait pu être mieux. |
10 /20 |
Qualité sonore
| Les pistes sonores et bruitages sont de très bonne qualité, mais trop peu nombreux. Les voix sont quant à elles sublimes ; les acteurs sont convaincants à souhait, on ne pouvait espérer mieux de leur part. |
15 /20 |
Durée de vie
| Des jeux d’enquête de 20 heures, on n’en retrouve pas à tous les coins de rue. Toutefois, une bonne partie de ces heures de jeu que l’on passe devant l’écran, ce sont des heures à se gratter le coco… Ah tiens donc, je perds des cheveux... |
18 /20 |
Vous êtes un fan de jeux d’enquêtes, d’aventure ou du démineur? Vous trouverez sans doute votre compte dans CSI : Dark Motives qui, malgré tous ses petits et grands défauts, fait partie de ces jeux que vous devez vous procurer si vous appréciez le genre. Non, ce nest pas génial, mais définitivement plus que potable. Comme quoi la perfection n’est pas nécessaire pour concocter un divertissement de qualité!
85 % Randy Springer
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