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Les voyages touristiques peuvent parfois s’avérer très troublants et stressants, surtout lorsqu’on est entouré d’étrangers et qu’on ne connaît aucunement le lieu où on se trouve. D’ailleurs, dans mon dernier périple virtuel, j’ai visité l’île de Capri, un endroit totalement méconnu à mon être. Tout au long de ma visite, j’y ai tenu un journal, afin de mieux me rappeler les souvenirs de mon petit week-end exotique qui s’avéra être le plus bizarroïde des voyages que j’aie fait.
Jeudi
 19h00 – Ah, le temps est froid ici au Québec… Ce sacré printemps tarde toujours à venir, et la foutue neige ne fond tout simplement pas. Pourquoi est-ce que je me plains! Je pars vers l’Italie dans quelques heures seulement, mon vol est à 23h. Malgré mes multiples traversées de l’Atlantique, j’ai encore la trouille des avions malgré tout, je sens des papillons dans mon ventre (mais c’est peut-être simplement ce burrito du souper qui donne du fil à retordre à mon estomac) ; ce maudit 11 septembre a fait renaître cette vieille paranoïa qui semblait estompée depuis ma thérapie, on dirait. Mais bon, c’est un voyage tout compris que j’ai gagné dans un jeu télévisé, alors je ne voudrais pas manquer ma chance!
Vendredi
 00h20 – Ce que je suis confortable! Moi qui croyais avoir des nausées, je m’en suis tiré d’affaires avec une coupe de Dom Pérignon. La première classe! C’est vraiment une belle surprise! Ouf! Une bouteille, quand on est seul à la boire, ça frappe vite! J’ai sommeil…
 11h00 – Me voilà arrivé en Italie. Une chance que j’ai dormi dans l’avion, car je dois me rendre à l’île de Capri dès cet après-midi! Ouf! Tant de choses en plusieurs heures qui me semblent passer comme un court moment… Véritablement, ce voyage me semble de plus en plus éprouvant! Quoiqu’il en soit, je n’ai pas le choix d’aller à ma destination, après tout, je ne voudrais pas gâcher ce si magnifique prix! En route vers le traversier!... Euh au fait, il est où le traversier?
 12h30 – J’ai mangé mon déjeuner dans un petit bistro avec un de mes compagnons de vacances, que j’ai rencontré dans l’aéroplane cette nuit. Heureusement, lui savait où se trouvait le bateau qui allait nous mener à la merveilleuse île de Capri dont j’ai tant entendu parler. Boarf, ils osent appeler ça un bateau, il s’agit plus d’un traversier rouillé, un gros radeau blanc fait de métal… M’enfin, ce ne fut qu’une affaire de quelques minutes et nous étions rendus, la centaine de touristes et moi-même (nous étions entassés comme des sardines), de l’autre côté du rivage. Dépourvu de ce qu’on appelle le sens de l’orientation, je me dirigeai dans la même direction que la foule, jusqu’à ce que je rencontre un chauffeur de taxi à qui je demandai de m’amener au centre touristique le plus près, afin de me procurer une carte des lieux ainsi que des informations sur l’endroit. Le vieil homme, simple de corps et d’esprit, me regardait avec un drôle d’air, ma foi, plutôt suspect. Peut-être rigolait-il de moi et de mon accent très prononcé (bah, sa maîtrise de la langue de Shakespeare laissait tout autant à désirer que la mienne, alors ça serait stupide de se foutre de ma gueule de francophone alors que son discours me semblait être une lecture pré-enregistrée peu convaincante avec son manque total d’intonation), peut-être était-ce un obsédé sexuel qui contemplait mon corps d’Adonis… Je montai néanmoins dans sa voiture, car il était probablement le seul à pouvoir m’aider, dans ma situation de touriste perdu dans l’inconnu.
 12h35 – Quelle arnaque! Ça m’a pris tout mon petit change (plus de cinq euros!) pour payer ce maudit radin de chauffeur de taxi… Décidément, ces satanés énergumènes sont pareils partout à travers la planète : des prostitués qui vendent leurs services à des prix de fou auprès des plus démunis. Allez, pars, vieux débile! Ciao, c’est ça! Maintenant, je dois trouver le bureau touristique… Ah, le voilà. Je remercie la dame qui m’offre gentiment une carte détaillée de Capri et je quitte son très étroit bureau. La gente damoiselle m’a donné plein d’indications super intéressantes sur la petite municipalité et l’endroit où on me logera. Vraiment, très sympathique, cette femme, mais physiquement, elle laissait vraiment à désirer avec son accoutrement digne des années ’80. En plus, elle avait un sacré problème de prononciation, ses lèvres ne bougeaient à peu près pas et ses paroles s’exprimaient par une voix nasillarde. Certains sont moins choyés que d’autres…
 12h50 – Un phénomène extrêmement bizarre vient de se produire, je ne sais trop que faire… J’avançais doucement dans la foule quand tout à coup, je me retrouvai seul. Seul, dans le sens de complètement solitaire, solo, désert, personne, niet, rien, je suis la seule personne que je vois en ce moment, au travers des vitrines. Je me sens comme dans un épisode de X-Files, prisonnier d’un monde parallèle dans lequel je suis entré pour une raison que j’ignore encore et dont je ne connais point la porte de sortie, si sortie il y a, évidemment… Que vais-je faire? Je suis si impuissant, laissé complètement à moi-même, dans une ville fantôme…
 18h05 – Ça fait maintenant des heures que je marche sur le sol de Capri, cognant ma pauvre petite tête à chaque vitrine, qui reflètent les unes après les autres les rues vides, et la lumière qui traverse ces murs translucides ne montrent aucun signe de vie. Je ne sais trop quoi faire… L’île a beau paraître miniature comparativement à Montréal, reste que pour un simple humain comme moi et mes pas fatigués de lilliputiens, l’endroit est immense. Au moins, j’ai encore ma carte, et je me retrouve un peu aux grands carrefours principaux, mais je me perds vite dès que je m’aventure dans les ruelles étroites.
Samedi
 10h15 – J’ai dormi à la belle étoile, malheureusement, cette étoile est le Soleil autour duquel notre planète est censée tourner. Ma montre continue de fonctionner, mon cycle métabolique tout autant (et j’ai faim), mais le temps est figé, je crève de chaleur sous ce soleil de mi-journée qui m’éclaire jour et nuit. Heureusement, celui-ci a le grand avantage de m’éclairer les magnifiques paysages de l’île de Capri, que je découvre pas-à-pas avec grand plaisir. Je prends des photos, et ce, depuis mon arrivée. Si j’ai pu garder tous mes effets avec moi lorsque le phénomène paranormal s’est produit, qui sait, je pourrai peut-être ramener quelques photos à présenter à ma famille si jamais je les revois encore! J’imagine déjà la séance de diaporamas que je leur réserve… Mais cette fois-ci, Mononc’ a une caméra numérique! Alors fini le cliquetis de la petite machine et disons bienvenue à PowerPoint et un peu de musique d’ascenseur! Mais encore faut-il que je revienne à Montréal…
22h25 – Par un quelconque miracle que je ne sais toujours pas expliquer, je suis de retour dans la foule, exactement à l’endroit où je l’avais quittée. Ouf! Que ce bruit de fond de cris et de murmures m’agace, il faut croire que je m’étais habitué au silence macabre qui régnait lorsque je me trouvais seul. Quoiqu’il en soit, il me reste encore une journée devant moi pour explorer l’île en compagnie de ses habitants, alors profitons-en pour visiter les restos! Et dire que mes neveux ont manqué toute cette aventure… Eh bien qu’ils s’accrochent à leur planche à roulette et leurs satanés sports extrêmes, car Mononc’ a rempli toutes ses cartes mémoires – 4500 photos, pour être exact – et je tiens mordicus à leur partager mon récit!
Jouabilité
| Se promener sur l’île de Capri est un fardeau, je vous le dis, un fardeau! C’est comme Myst, à savoir, «image par image», mais la navigation est totalement inefficace avec ses flèches qui pointent un peu n’importe où. Les NPCs sont trop peu nombreux et en trouver un qui peut nous indiquer le droit chemin est une lourde tâche à accomplir, qui met la patience à rude épreuve. On décroche un peu vite de ce slideshow interactif digne de votre pire Mononc’ «kid-kodak». Si seulement les puzzles avaient pu être des défis amusants… |
8 /20 |
Scénario
| Les gens partent, les gens reviennent et repartent… et reviennent. En gros, l’histoire demande que vous parcouriez une île au complet à la recherche dun moyen de revenir à la réalité. Mais ça vous donne plus envie de ficher le camp de là. On ny comprend rien. |
8 /20 |
Qualité graphique
| Ce n’est même pas comparable à Myst, qui date d’une décennie. Les 4500+ photos, prises en haute résolution, sont tout bonnement fichues à cause d’une trop grande compression JPEG. Au moins, ils ont eu l’effort de prendre ces 4500+ photos… Pour ajouter la cerise sur le gâteau, le contenant est aussi laid que le contenu, cest-à-dire que l’interface manque autant de convivialité que de style et les icônes ne sont même pas comparables à ce que Microsoft avait créé pour Windows95. |
5 /20 |
Qualité sonore
| Les acteurs qui ont prêté leur voix sont minables et comme s’il fallait en rajouter sur leur dos, les enregistrements vocaux sont dignes d’un vieux magnétophone de chez Dollarama. La musique est très répétitive et les bruits d’ambiance sont plus fatiguants qu’autre chose. Oh, et dites rebonjour à votre vieil ami MiDi des années ’90. |
4 /20 |
Durée de vie
| La durée de vie en temps normal devrait se voir attribuer une note parfaite dans ce cas-ci, puisque le jeu est incroyablement long, mais c’est une totale illusion créée par le fait qu’on a un immense territoire à explorer avant de trouver quoi que ce soit. Je ne vous cacherai pas que je n’ai pas terminé le jeu et que je ne le terminerai JAMAIS, pour la simple raison que je n’ai ni patience ni tolérance à la souffrance pour l’endurer. |
14 /20 |
Ne soyez pas dupes; si cette critique est bien originale en soi, elle ne montre peut-être pas la vérité absolue à propos de A Quiet Weekend in Capri, cest-à-dire que le jeu est affreusement ennuyeux. Les puristes qui ont aimé Myst peuvent y jeter un œil, mais là encore, je ne suis pas responsable de votre névrose. Néanmoins, si vous êtes un futur touriste de l’île de Capri, le jeu peut constituer un excellent guide de voyage! Bref, on peut le considérer comme une grosse brochure interactive… En terminant, je désire dédier cette critique à ma petite sœur, qui fait présentement son premier voyage à l’étranger, en France – une destination bien plus invitante que Capri!
50 % Randy Springer
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