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Arx Fatalis |
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Dans la foulée de Morrowind, Arx Fatalis est apparu à l’automne 2002 sur PC. Offrant le même genre de jeu de rôles, à savoir immersif et offrant une liberté non négligeable sur vos actions, le jeu s’est mérité des scores plutôt acceptables parmi la presse spécialisée. Néanmoins, Morrowind était encore très fort à ce moment et disposait d’une campagne publicitaire fortement agressive. De ce fait, Arx Fatalis est passé plutôt inaperçu, du moins en Amérique. Personnellement, je dois me repentir car j’ai reçu un beta à cette période mais la masse de jeux auquel je devais jeter un coup d’œil ne me l’a fait essayé qu’à quelques reprises. Heureusement pour moi, le jeu a été porté sur Xbox cet automne et j’ai eu l’occasion d’y jouer amplement ces dernières semaines afin d’y jeter un regard objectif et complet.
 Arx, cité humaine florissante d’une ère passée, a dû se réfugier dans les abysses afin de survivre. L’ensemble des humanoïdes s’est abrité sous le sol compte tenu que la survie sur la terre ferme était rendue impossible. Vous vous réveillez dans une petite salle qui a tout l’air d’une prison, sans souvenir, sans même vous rappeler de votre propre nom. Dès lors, votre aventure commence, dans les bas fonds des dédales souterrains sous l’ancienne cité d’Arx. Avec aucun objectif et aucune direction, ce sera à vous de déterminer votre destin. Voici ce que l’on pourrait lire à l’arrière de la boîte de Arx Fatalis si j’avais été en charge de la rédaction ;-) Le développeur français Arcane Studios a développé un vrai petit bijou en terme de jeux de rôles et qui est en quelque sorte un hommage à Ultima Underworld pour les gamers un peu plus vieux qui visitent ce site. Mais les qualités étant quasi équivalentes aux défauts, je peux comprendre pourquoi ce jeu a passé inaperçu.
 À la base, Arx Fatalis a tout pour être un gagnant. L’univers est digne d’un bon roman de fantaisie, la liberté est offerte aux puristes et le jeu est géant, n’attendant que votre intérêt pour être découvert. Arx Fatalis offre plusieurs avenues possibles pour une immersion totale selon votre type de joueur ; les guerriers pourront aisément se frayer un chemin au travers tout ce qui bouge, les magiciens auront le plaisir d’incanter des sorts inventés de leur propre cru et les amateurs de Thief pourront y aller selon les ombres et lumières pour faire leurs bons / mauvais coups. Il faut savoir que Arx Fatalis offre aux joueurs de monter leur personnage à leurs goûts respectifs, divisant les habiletés de manière à ce qu’il soit possible de faire à peu près n’importe quel personnage imaginable. De ce fait, que vous vous concentriez sur le combat, la force et l’endurance ou maîtriser les arts occultes ou vous avez une certaine inspiration pour l’espionnage et les « backstabs », vous êtes en mesure de faire un personnage à votre image. Néanmoins, l’expérience m’a appris qu’il faut d’abord être guerrier au début du jeu, profiter de finesse par la suite pour finalement être un grand magicien. Que vous le vouliez ou non, on finit malgré tout à suivre un carcan bien défini si on mettre à terme notre ultime mission.
 Arx Fatalis propose également plusieurs actions possibles. On est en mesure de créer nos armes, les enchanter, faire de la bouffe (car il faut manger dans le jeu si on ne veut pas mourir), créer des potions et des magies, pêcher, miner des cristaux et j’en passe. La diversité des actions que l’on peut faire est vraiment intéressante mais du même coup, cela risque de rebuter certains joueurs de RPG consoles qui sont habitués de monter leurs personnages seulement en faisant des combats. À la même saveur que Morrowind, cette trop grande liberté ne s’adresse certainement pas à tous les joueurs ; ceux qui aiment le genre Ultima, Wizardry et autres aimeront sûrement par contre. Néanmoins, nous n’avons pas droit à une liberté « complète » ; certes, on peut se promener à peu près partout dans les dédales labyrinthiques mais on trouvera rapidement un passage bloqué ou des créatures trop fortes pour nos niveaux afin de nous ramener sur le chemin de la quête principale. Malgré tout, il y a là bon nombre de quêtes secondaires pour vous permettre d’avoir un sentiment de liberté que l’on retrouve plus souvent dans les jeux massivement multijoueurs.
 Les contrôles sont assez similaires également à Morrowind. Pour frapper, on se sert du trigger droit. Plus longtemps on le tient, meilleur sera le dommage. Par contre, souvent, dans la frénésie des combats, on a tendance à cliquer comme un déchaîné pour mettre les ennemis à terre et c’est une très mauvaise stratégie (j’en suis un exemple) ; de ce fait, on se ramasse au tapis assez rapidement, d’autant plus si vous oubliez de prendre une potion. Du même coup, il y a moyen de faire des coups critiques qui doublent le dommage. Il y a aussi la possibilité de « backstabber » les ennemis, technique très efficace qui diminuera de beaucoup les points de vie de l’adversaire. Le système de magie est plutôt original. Il suffit de peser sur un ordre de flèches pour créer un sort (sur PC, c’était avec la souris). Selon les symboles sur les runes, on doit suivre l’ordre. En combinant deux ou plusieurs runes, on développe des sorts différents. Arcane Studios ne sont pas trop méchants non plus ; compte tenu que les combats sont en temps réel, il serait difficile de commencer à faire des simagrées avec les flèches en plein combat. Il est possible de mémoriser des magies à tout moment, pour être toujours paré à un combat.
 Pour faire des mélanges, de la bouffe, réparer et créer des objets, tout se fait via l’inventaire du personnage. L’inventaire n’est pas trop « user-friendly » et il est parfois difficile de distinguer quoi est quoi. De plus, lorsque l’on veut déplacer des choses, on doit y aller un à un, ce qui peut être long pour les objets « stackés ». Je crois que 30% de mon temps de jeu a été investi à la gestion de mon inventaire et je trouve que c’est beaucoup trop ; quelques fonctionnalités supplémentaires (autre que d’ordonner les objets dans une représentation fort chaotique) pour l’inventaire auraient été fortement souhaitées. La carte n’est également pas très intéressante. On voit où l’on se retrouve et à quel étage, mais des couloirs bruns pâles sur un fond brun un peu plus foncé, ça ne donne pas un bon coup d’œil. Probablement que l’on voulait donner un semblant de parchemin, mais cela nuit plus que d’autre chose, d’autant plus que dans un « dungeon crawler », la carte est vraiment importante…
 Graphiquement, le jeu est bon et mauvais à la fois. Dans un jeu se passant exclusivement dans des cavernes, je m’attendais à voir beaucoup de répétitions dans les textures et les niveaux. Pourtant, chaque zone est vraiment différente l’une de l’autre ; on voit dans quel territoire on se retrouve sans même regarder sur la carte. Cette diversité est bienvenue, d’autant plus que l’on peut passer de nombreuses heures dans chaque zone. Dans les petits moins, les personnages sont plutôt carrés alors que certaines créatures ne manquent pas de polygones. Il y a quelques animations faciales, mais c’est surtout lorsque les NPCs parlent et encore, il n’y a pas de post-synchronisation. Dans les gros moins, la détection des collisions est vraiment affreuse ; cela faisait très longtemps que je n’avais pas vu autant de bogues graphiques dans un jeu. Si vous prenez un objet et que vous le déposez, il y a une chance sur deux qu’il demeure en suspension dans les airs et ce, même si une table se retrouve à plusieurs mètres de là. Du même coup, on peut parfois voir les ennemis au travers des portes et je ne crois pas que cela était pour nous donner un coup de main. Finalement, le plus gros irritant à mon avis est le framerate ; lorsque l’on rentre dans une zone assez vaste, le nombre d’images par seconde diminue considérablement, rendant le jeu tel un joli diaporama. Heureusement, c’est rarement dans ces zones que l’on combat. Par contre, mes voyages à la cité d’Arx étaient décourageants d’autant plus que le temps de chargement de chaque zone est très long (plus d’une minute).
 Côté sonore, c’est plutôt faible. Je suppose que l’intention des développeurs était de donner un sentiment de renfermer sous la terre mais cela occasionne un défaut plutôt majeur ; lorsque l’on discute avec les personnages non joueurs, on entend quasiment rien de ce qu’ils disent, il faut monter le volume énormément et encore, ce n’est pas toujours clair. Les voix sont échos et feutrées ce qui rend l’écoute assez difficile et évidemment, ce sont eux qui donnent la marche à suivre et les quêtes disponibles. Il arrive donc parfois qu’on manque un élément clef, ce qui risque de nous faire chercher assez longtemps. De mémoire, les voix sur PC étaient plus audibles, probablement parce que les écouteurs de PC sont généralement plus proches de nous qu’une télévision. Le reste de l’ambiance sonore est correcte pour un jeu de rôles médiéval. La trame sonore, s’il y en a une, est rarement entendue, mais cela ne nuit en rien à l’ambiance caverneuse du jeu. J’aurais tout de même aimé avoir quelques pièces.
 Au niveau de la durée de vie, eh bien, il y a amplement de contenu dans ce jeu pour rester dans votre Xbox fort longtemps. Si vous avez aimer Morrowind, il est fort à parier que vous y jouerez longtemps. Cependant, il y a plusieurs défauts au jeu ce qui risque d’en refroidir plusieurs. Bien que la quête principale soit assez directrice, il y a une multitude de quêtes secondaires que vous pouvez faire et vous pouvez monter votre personnage à votre guise. Même une fois complété, il est fort possible que vous essayiez un autre personnage. De ce fait, la durée de vie de ce jeu, si vous l’aimez, sera très très longue.
Jouabilité
Bon et mauvais.
Bons : très grande liberté au niveau des actions disponibles, beaucoup de profondeur, personification quasi sans fin. Système de magie original.
Mauvais : système dinventaire compliqué, carte quasi illisible, combats parfois chaotiques. |
14 /20 |
Scénario
| Une bonne quête principale couplée à plusieurs quêtes secondaires, de quoi nous faire progresser malgré les défauts techniques du jeu. |
18 /20 |
Qualité graphique
| Bon environnement graphique, même surprenant pour un dungeon crawler. Personnages carrés mais parfois réussis. Framerate inconsistant. Nombreux problèmes majeurs de détection des collisions. |
10 /20 |
Qualité sonore
| Trame sonore quasi inexistante. Voix feutrées nuisant à la bonne compréhension des quêtes, même si lintention était louable. Ambiance sonore correcte. |
10 /20 |
Durée de vie
| Si vous aimez, vous aurez des dizaines dheures à investir dans le jeu. |
20 /20 |
Bref, Arx Fatalis est un bon jeu de rôles, dans le genre qu’on ne voit pas assez souvent ou d’une période révolue sur PC. Morrowind avait prouvé qu’il y avait encore un marché pour ce genre de jeux de rôles où la liberté prédomine. Si vous avez aimé ce dernier, ou Ultima Underworld ou encore Eye Of The Beholder (pour les plus vieux), je vous suggère fortement d’essayer Arx Fatalis. Si vous êtes capables de passer par-dessus les défauts précédemment cités, vous allez en avoir pour des heures à découvrir ce jeu. Néanmoins, je vous suggère la version PC au lieu de la version Xbox, ne serait-ce que pour les contrôles, à moins que vous désiriez absolument jouer dans votre salon.
72 % Frédéric Gignac
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