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Uplink: Hacker Elite |
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Uplink Hacker Elite est un jeu sorti il y a plus d’un an en Europe et qui est arrivé il y a quelques semaines en Amérique du Nord. Ce jeu a un thème très original et son nom le dit bien : le monde des hackers. Sujet étrange pour un secteur qui ne cesse de se plaindre des méfaits des pirates sur leur industrie. Mais pour être bien honnête je pense que ce jeu n’a aucune chance de susciter de nombreuses vocations.
 Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai un gros problème avec les notices de jeu, je suis tellement excité à l’idée de jouer au jeu que j’ai dans les mains, que de devoir passer 3-4 heures sur le manuel pour pouvoir avoir les bases pour commencer une partie ça me casse pas mal le plaisir. Imaginez donc mon bonheur, après la surprise je l’avoue, lorsque je n’ai vu aucun manuel dans la boite. On a donc un joli petit catalogue des produits Strategy First et le boîtier avec le CD, c’est étrange qu’on n’y trouve pas un papier du style « que fais tu à lire ça, tu devrais déjà jouer là ! ». Mais les surprises ne font que commencer car lors du premier lancement du jeu, au lieu d’une interface traditionnelle avec des boutons et des choix d’options, on voit un message nous disant que l’ordinateur va se connecter sur un serveur, puis on doit donner son login et son mot de passe pour rentrer dans l’interface de jeu effective. C’est un peu déstabilisant mais lorsque j’ai vu l’adresse IP 127.0.0.1, j’ai eu un grand sourire que ceux qui ont déjà suivi des cours de réseau pourront comprendre.
 Donc pour comprendre le jeu, il est recommandé de passer à travers trois tutoriels plutôt bien faits, qui expliquent comment gérer l’interface, comment se connecter à tel ou tel serveur, à passer au dessus des protections avant de se faire repérer par les sécurités du site, à faire des choses que la loi réprouve et à disparaître en laissant le moins de traces possibles de son passage. En fait très vite on comprend le principe : le centre névralgique du jeu est le serveur central de votre réseau de hacker que l’on appelle « le système de services internes ». Vous y retournerez tout le temps car c’est de là que vous avancerez dans votre quête pour devenir le plus grand hacker de la Terre.
 Mais passons aux choses sérieuses, que peut on faire exactement sur ce serveur central ? La première chose c’est qu’on peut apporter des tonnes d’améliorations à notre passerelle de pirate. Car si au début vous commencez avec un petit ordinateur avec le processeur minimum, le modem le plus lent et un peu de mémoire, grâce aux gros dollars que vous allez faire au fur et à mesure de l’histoire vous pourrez acheter de la machinerie qui va vous permettre de faire les missions dans de meilleures conditions. La partie logiciel est importante aussi car si au début pour vous introduire sur les serveurs vous pourrez utiliser des logiciels très basiques, plus vos missions se corsent plus les besoins se font sentir. Si les logiciels comme le briseur de mots de passe, le copieur et effaceur de fichiers ont une seule version, la plupart des autres programmes possèdent des versions dont les prix d’achat sont proportionnels aux performances. C’est ainsi que vous trouverez en vente un analyseur de voix qui à partir d’un « Allo ? Who is this ? Allo ? », forcé en téléphonant à une personne, est capable de vous produire un « Hello. I am the system administrator. My voice is my passport. Verify Me. » vous permettant de contourner un système de protection par la voix. A certains moments vous aurez besoin de décrypter un fichier et ceci se fera la encore par un logiciel que vous achèterez.
 C’est bien beau d’avoir toutes ces améliorations à votre disposition, maintenant il vous faut trouver les beaux billets verts électroniques pour vous les acheter. La meilleure façon c’est d’aller voir sur le babillard où vous trouverez les missions qui, selon votre niveau d’expérience, vous seront proposées. Les trois principaux types de missions que j’ai pu observer jusqu’à maintenant sont les suivants : le vol d’informations, pendant lequel vous entrez sur un serveur, vous copiez un ou plusieurs fichiers sur votre disque, vous ressortez puis vous envoyez par mail le fichier; la destruction d’informations qui comme son nom l’indique est une mission de sabotage, cest-à-dire introduction sur le site et effacement pur et simple d’un ou plusieurs fichiers. Enfin vous avez aussi la modification de dossier, que cela soit en bien ou en mal. Ainsi vous pouvez vous introduire sur le serveur de la sécurité sociale et faire passer le dossier d’une personne de « mort » à « vivant » ou encore en allant sur la base de données académiques vous pourrez améliorer ou empirer les notes d’un dossier.
 Cela semble assez facile mais il y a un petit hic, c’est que même si vous passez les sécurités d’un serveur, il vous reste encore un ennemi : le temps. En effet, dès que vous entrez sur un serveur sans y être invité, on lance aussitôt le traceur à vos trousses et donc votre mission est un véritable contre la montre. Afin de contrecarrer ce traceur vous avez deux alliés : le premier c’est le trace tracker, logiciel qui selon sa version va vous dire avec plus ou moins de précision combien il vous reste de temps avant de vous faire repérer et aussi le maillage des serveurs. Ainsi pour aller de votre passerelle au serveur que vous devez pirater, vous allez devoir passer par le maximum d’autres serveurs, compliquant ainsi votre traçage. Sachant aussi que plus vous mettez de serveurs entre vous et la cible, plus les informations vont prendre du temps à faire le trajet, donc il faut savoir doser. En plus chaque serveur cible a sa propre version du traceur et si pour certains comme le serveur académique vous pouvez modifier 10 dossiers, prendre une sieste, vous préparer un café et lire l’œuvre complète de Shakespeare avant de vous faire repérer, le site de la sécurité sociale, lui, est assez stressant et vous pousse à battre des records pour faire votre œuvre de malfaisance.
 Parce que le stress est là sans aucun doute dans ce jeu. Ce petit trace tracker doit être commandité par les médicaments pour calmer les ulcères d’estomac tellement il provoque de nervosité. Tenez vous le pour dit, dans le métier de hacker on n’a pas de deuxième chance, en tout cas pas dans ce jeu. Si jamais vous vous faites prendre, c’est direct en prison, destruction de votre passerelle, bref c’est la fin de la partie et il faut donc la jouer serré et parfois vous n’aurez que quelques secondes pour faire votre choix entre vous déconnecter du réseau et de ce fait avoir à reprendre l’ensemble de la destruction des moyens de protection de celui-ci ou bien essayer d’y aller jusqu’au bout pour remplir votre mission et voir votre compte en banque grossir de quelques milliers de dollars. Attention, la chance ne sourit malheureusement pas toujours aux téméraires.
 D’un point de vue technique, ce jeu est vraiment très simple, ce qui permet le fait que le CD dispose aussi de la version Linux du jeu ! Votre écran est une console sur laquelle se déroule toute l’action, c’est du 640*480, les seules couleurs autres que le blanc, les teintes de bleu et noir, seront utilisées lorsque vous verrez les photos des fiches que certaines missions vous font modifier. En un mot comme en cent, la sobriété est de mise, mais cela donne une ambiance très intéressante qui cadre tout à fait avec l’histoire. Je ne pense pas que les hackers soient des personnes qui aiment avoir des logiciels avec des trucs inutiles en 3D partout sur leur écran ou des couleurs psychédéliques. Pour le son on est dans le même thème, pas de fioriture, c’est réduit à son minimum. Comme je l’ai dit, vous pourrez entendre rapidement la voix d’un administrateur d’un réseau si vous avez besoin de l’enregistrer pour passer une barrière vocale ; mais la plupart du temps vous n’entendrez que le beep infernal du trace tracker, qui s’accélère d’autant plus que le traceur se rapproche de vous, ajoutant évidemment une énorme dose de stress, prouvant ainsi que ce sont les petits détails qui font toute la différence.
Jouabilité
| Tout tient dans linterface que vous avez sous les yeux, quelques raccourcis clavier auraient pu être ajoutés pour gagner du temps lorsque les secondes vous sont comptées et que vous devez supprimer 10 fichiers mais tout est très instinctif. |
15 /20 |
Scénario
| Lhistoire est assez simple, il y a en fait un moment où vous devez vous choisir la voie que vous voulez prendre entre les gentils pirates et les méchants hackers. |
15 /20 |
Qualité graphique
| Techniquement ce nest vraiment pas très impressionnant mais dun autre coté cest exactement ce que lon imagine à propos dun ordinateur dun pirate: sobre mais tout est là. |
14 /20 |
Qualité sonore
| Là encore aucun effet à vous faire tomber par terre, bien au contraire, mais une fois que vous aurez goûté au stress causé par le beep du traceur, vous serez conquis. |
14 /20 |
Durée de vie
| Probablement la note la plus difficile à donner. Soit vous aimez ce jeu et vous allez y jouer très longtemps pour pouvoir devenir le plus grand Hacker du réseau, soit vous allez trouver que les missions sont répétitives et 10 minutes vous suffiront. Pour ma part, je ne suis pas encore lassé. |
15 /20 |
J’avoue que ce jeu est très surprenant car l’interface est excessivement rudimentaire voir austère, très loin des débauches techniques que nous sommes habitués à voir dans les jeux actuels mais étonnamment, il peut devenir une véritable drogue sur laquelle on veut faire « juste un trip de plus ». C’est d’autant plus bizarre que les missions sont très répétitives dans la forme, mais après tout en y réfléchissant, il n’y a pas grand-chose de plus à faire lorsqu’on pirate un site. Mais la complexité grandissante des systèmes à pirater fait qu’on peut aisément se laisser prendre à ce petit jeu.
80 % Christophe Maire
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