Zone of the Enders
Zone of the Enders
ParPhilippe Carrier
Genre : Action
Créé le : 15 mai 2001
Dernière modification : 31 décembre 2008
Site web : Zone of the Enders
Éditeur : Konami
Développeur : Konami
Sortie en magasin : Avril 2001
Config requise : Playstation 2
 
Images | Critiques des lecteurs
 
C’est aux confins de notre système solaire que se déroule l’histoire de Zone of the Enders, le tout dernier titre de Konami. Dans ce jeu d’action, vous prendrez le rôle d’un jeune garçon qui par la force des choses doit sauver la colonie d’Antilla sur Jupiter. Mais au-delà du sceau de confiance de Hideo Hojima sur le boîtier de Z.O.E., ce jeu et son environnement 3D époustouflant nous livre-t-il ce à quoi on s’attend?

 

Screen 1Avant d’entrer dans la mécanique du jeu, laissez-moi vous situer dans l’histoire. En l’an 2172, l’exploration de notre système solaire va bon train et une colonie de 100 000 ouvriers est déjà établie sur la lune Europa5 de Jupiter (on exploite une nouvelle source d’énergie appelée «Metatron». Leo Stenbuck, un jeune garçon à peine pubère, y habite depuis quelque temps. Dès le départ, on nous submerge de l’histoire triste de ce jeune garçon qui, faute de courage pour les sauver, voit mourir ses amis. Par chance, notre jeune héros tombe (littéralement!) dans une machine d’une puissance inégalée. Jehuty, robot géant développé en secret pour défendre l’humanité, sera à notre disposition tout au long du jeu pour à la fois faire du pâté des rebelles et discuter avec nous grâce à son programme d’intelligence artificielle avancé (on en reparlera!). L’attaque lancée sur la colonie par une faction rebelle servira de prétexte pour tenir un débat philosophique sur la mort, la guerre et les choix auxquels nous faisons face. Mais est-ce qu’il est vraiment pertinent de se poser ces questions pendant un jeu où le but est d’anéantir l’ennemi?!
Screen 2La prise en charge de notre sympathique machine aux allures humaines se fait très bien grâce à une configuration bien réfléchie et à un tutorial simple et au point. Dans un hangar clos, on nous permet d’apprendre les différentes manoeuvres et en moins de deux vous serez prêt pour sauver le monde! Je dois dire que j’ai été époustouflé par la fluidité des mouvements dans l’environnement entièrement 3D de Z.O.E. La caméra suit généralement très bien et, lorsqu’elle n’arrive plus à suivre, il suffit d’arrêter un instant pour qu’elle revienne au point. On s’habitue donc très vite à manoeuvrer le robot et à se servir de ses différentes fonctions, surtout que nous n’avons pas à maintenir la cible dans nos vues puisque le jeu le fait pour nous. Mais le défaut de la qualité, c’est qu’on s’aperçoit assez rapidement qu’il est plus facile de tourner en rond autour de l’ennemi en tirant qu’en essayant d’user de stratégie pour l’abattre. De toute façon, on est toujours « pris » avec un ennemi et on ne peut voler librement. Cela devient fâcheux à la longue.
Screen 3Les missions qui nous seront présentées sont beaucoup trop simplistes et n’apportent que très peu de satisfaction. Pour un jeu aussi impressionnant graphiquement, on a l’impression que le scénario a été bricolé vers la fin du projet et que quelqu’un s’est dit qu’il serait drôle d’enlever toutes les fonctions de Jehuty au départ du jeu et de nous envoyer les retrouver. Il y a principalement trois types de missions: trouver un code, trouver où utiliser le code et trouver un objet qui nous permettra d’aller trouver un code qui... vous voyez le genre! On croirait qu’un jeu aussi peu créatif serait habité par une panoplie d’ennemis sophistiqués et impressionnants, mais.. non! Il n’y a que trois types d’ennemis qui deviennent plus difficiles à détruire au fur et à mesure que nous avançons dans le jeu. Heureusement, on nous présente des combats intéressants avec les têtes d’affiches des rebelles. Ils sont bien équipés et leurs robots (appelés «orbital frames») sont difficiles à vaincre. Par contre, on a quelquefois l’impression qu’ils décident de nous laisser gagner... et quand on se rend compte qu’à l’exception d’un ou deux conflits on ne peut se servir que d’une seule attaque, je passe. C’est vraiment décevant.
Screen 4Le jeu se déroule à un rythme rapide quoique certains des films animés soient un peu long, voire inutile. J’aurais préféré qu’ils passent plus de temps à développer les missions, les ennemis et la qualité du jeu qu’à me présenter leur roman-savon à la Socrate qui n’en finit plus! Vous devez discuter avec ADA, la personnalité de Jehuty, à maintes reprises sans trop comprendre pourquoi votre personnage tient tant à protéger les vies alors que vous ne demandez pas mieux que de faire exploser tout autour de vous! De plus, c’est toujours la même conversation : «Je ne veux pas tuer! C’est mal tuer, trouvez quelqu’un d’autre pour le faire! » Ah! Je veux bien croire qu’un peu de morale ça fait du bien, mais on ne peut pas sauver une colonie sans faire quelques victimes!
Screen 5Sans vous révéler la fin, laissez-moi tout de même vous avertir qu’elle arrive très vite (on peut facilement terminer le jeu en 5 heures) et qu’on nous laisse sur notre faim et pas à peu près. J’étais absolument certain qu’il restait le combat final pour vaincre Anubis, le chef des rebelles, quand le générique est apparu. J’avais le souffle coupé et pourtant je savais que le jeu se terminait abruptement. Si on prend la peine de finir le jeu deux fois (on peut reprendre à partir de notre dernière sauvegarde), on accède au mode «un contre un» du jeu. On a alors le choix de combattre la machine, ou un ami. On peut choisir entre les différents «Frames» qu’on a combattu pendant le jeu et se battre dans les différents tableaux. Mais encore là on nous déçoit : les différentes armes du jeu ne sont pas accessibles, il n’y a pas d’options qu’on peut personnaliser, si ce n’est que la force du robot. C’est toujours un round de combat à la fois. Pourquoi pas un deux de trois?!

 

Jouabilité
Le jeu a un tutorial bien fait qui nous permet de maîtriser en quelques minutes les commandes. Par contre, lorsqu’on doit viser un objet précis (autre qu’un mi), c’est un vrai casse-tête! C’est la très grande flexibilité de mouvement qui nous donne tant de joie dans ce jeu; si les autres compagnies de jeux peuvent s’en servir comme modèle, on aura des jeux incroyables dans les années à venir. 14 /20  

Scénario
C’est probablement la plus grande faiblesse de ce jeu qui avait pourtant un potentiel incroyable. L’histoire ne nous embarque pas, on s’attache difficilement aux personnages et on nous joue continuellement les mêmes répliques. Certaines animations appuient bien l’histoire mais d’autres sortent carrément des jeux du milieu des années ’90. Quand on veut augmenter la qualité d’un jeu, on prend le temps de bien faire ou on ne fait pas du tout! 11 /20  

Qualité graphique
C’est ici que le jeu se fait merveilleusement bien pardonner! Jehuty est une machine fascinante à piloter. Le détail est au-delà des attentes que nous pouvons avoir et nous laisse apercevoir ce que nous livrera la PS2 dans les mois et années à venir. L’environnement est un peu sombre quoi qu’il est propice pour le scénario. On peut aussi faire exploser presque tout dans l’environnement, du moins si on est pas dérangé par le fait que de pauvres humains sont à l’intérieur des édifices! 18 /20  

Qualité sonore
La musique est de type techno et se prête bien au genre. Les différents sons auraient pu être un peu plus variés mais, dans l’ensemble, c’est bien. Les voix des personnages sont ordinaires, sans plus. 13 /20  

Durée de vie
Malheureusement, ce jeu n’aura pas la cote longtemps. Quand un jeu est aussi court et facile à terminer, ça ne donne pas le goût de recommencer l’aventure. L’addition du mode combat aide un peu mais encore là ce n’est pas assez. C’est seulement avec l’ajout du démo de Gear Solid2 qu’on peut dire qu’on en a pour notre argent. Ne faites pas la même erreur que moi, louez-le! 10 /20  

 

Vous devez vous dire que c’est le jeu le plus plate depuis qu’on a mis Monopoly sur console, mais non, ce n’est vraiment pas aussi pire que la liste des défauts du jeu. Le temps qu’on y passe, aussi court soit-il, est entraînant et la qualité de l’environnement 3D nous fait oublier beaucoup de nos malheurs. Le jeu présente quatre niveaux de difficulté mais peu d’entre-nous aurons la patience de tenter l’aventure avec plus de deux niveaux. Bien entendu, on appréciera de pouvoir combattre un adversaire humain. Le fait qu’on nous livre la demo du tant attendu MGS2 rend l’achat justifiable pour certains, la majorité préférera louer Z.O.E. pour une fin de semaine. J’espérais un Mech Warrier avec des robots volants; j’ai eu le robot volant! La prochaine fois que Hideo Hojima met son nom sur un jeu, il devrait prendre la peine de l’essayer avant!

70 %
 
Philippe Carrier

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