Battlefield: Bad Company
Battlefield: Bad Company
ParStéphane Beauchesne
Genre : Action
Créé le : 15 juillet 2008
Dernière modification : 31 décembre 2008
Site web : Battlefield: Bad Company
Éditeur : Electronic Arts
Développeur : Digital Illusions
Sortie en magasin : Juin 2008
Config requise : Xbox 360
Xbox Live
 
Images | Critiques des lecteurs
 
J’avais réussi à obtenir une clé pour le bêta test du très attendu Battlefield: Bad Company. Je dois avouer avoir été quelque peu déçu et que le changement de registre ne m’avait pas vraiment impressionné. Heureusement, la version finale me donne complètement tort et le mauvais goût laissé dans la bouche par la version précédente est complètement disparu. Critique d’un classique en devenir.

 

1La compagnie B rassemble les pires soldats de l’armée américaine. Combattant sous le drapeau uniquement pour éviter la cour martiale, la loyauté et les motivations de chacun à combattre pour l’oncle Sam sont plutôt limitées. La découverte de quelques lingots d’or dans les poches de mercenaires en plein milieu d’un conflit est suffisant pour donner une vraie motivation à nos quatre lascars. L’occasion fait le larron comme dit si bien le proverbe.
2Pour la première fois depuis ses débuts, la franchise Battlefield tente d’intégrer une vraie campagne solo et je dois dire que cette fois-ci c’est réussi. Bien sûr, nous sommes loin d’un titre profond aux multiples rebondissements, mais le résultat est très probant. Malgré la présence de quelques problèmes majeurs, la jouabilité nous fait rapidement oublier ces impairs. Il faut, tout comme en mode multijoueurs, trouver les lingots d’or dissimulés un peu partout sur la carte. La bonne idée ici est de ne pas avoir simplement calqué le mode en ligne et de nous offrir la jouabilité propre à Battlefield avec cette fois, un scénario.
3Le problème majeur avec la campagne est causé par une intelligence artificielle déficiente. Dans un premier temps, nos comparses ne servent absolument à rien, sinon qu’à meubler le scénario. À l’approche d’un tank ennemi, notre compagnon armé d’un lance-roquette ne s’en servira aucunement et nous laissera le soin d’en trouver un et de faire exploser soi-même le char. Ce même personnage par contre le dégainera plus vite que son ombre à l’approche d’infanteries adverses.
4L’adversaire n’est pas vraiment plus intelligent et ce manque est compensé par un sens de l’observation aigu et une précision chirurgicale. En effet, il est pratiquement impossible de surprendre ou de tendre une embuscade, l’ennemi nous détectant à tout coup dès que nous entrerons dans un radius précis. Une fois détecté, tous les tirs ne visent plus que notre personnage malgré le fait que nos compagnons d’armes soient à découvert en plein milieu d’un champ. De toute façon, ils ne font que tirer dans le vide et réussissent que très rarement à abattre un ennemi. Maintenant que l’entrée est terminée, passons au plat principal, le jeu sur Xbox Live.
5Un seul mode de jeu est disponible pour le moment (à noter qu’un mode conquête est promis par DICE et sera inclus dans la prochaine rustine) et il s’agit de la capture d’or. Il y a une équipe protégeant le magot et une autre cherchant à s’en emparer. Il faut que cette dernière atteigne les caisses et les fassent exploser pour récupérer le butin que renferme celle-ci. L’autre équipe doit tout faire pour repousser et empêcher l’adversaire de mettre la main sur le précieux contenu des caisses. Toujours cinq classes de soldats et des escouades. À noter qu’il est impossible de créer une équipe en cours de partie et que la formation de celle-ci est aléatoire.
6Les mécaniques de base de la franchise sont bien présentes et se permettent même, à quelques occasions, de les améliorer. Par exemple, il est toujours possible de réapparaître soit à la base principale, soit sur un membre de l’escouade. Comparativement aux versions précédentes, n’importe quel membre, pas uniquement le chef, peut servir de point. Il suffit de rester en vie jusqu’à la prochaine vague. Si toute l’équipe est décimée, il faut alors débuter de la base. Pour éviter l’étalement de l’action, un seul point avec deux caisses apparaît sur la carte. Une fois les caisses détruites, un nouveau point devient attaquable et l’ancienne devient la nouvelle base des assaillants. Nous sommes donc toujours projetés directement ou en périphérie des combats et les vagues d’attaques sont intenses et incessantes.
L’un des éléments les plus importants et qui changent drastiquement la façon de jouer demeure assurément l’environnement destructible. En effet, fini le temps où l’on pouvait se cacher d’un tank derrière une simple clôture en bois. Pratiquement tous les éléments peuvent maintenant être anéantis, à l’exception de certaines façades d’immeubles et planchers. Les arbres tombent lorsque frappés par un véhicule lourd et les murs d’immeuble croulent sous le feu nourri de l’artillerie. Un point de contrôle peut facilement être anéanti en quelques minutes et laissez-moi vous dire que le spectacle peut s’avérer impressionnant. Il m’est arrivé en quelques occasions de m’arrêter sur une colline pour tout simplement regarder au loin une pluie de mortiers et de tirs de chars s’abattre sur un bâtiment. Le moteur physique gérant l’ensemble est vraiment impressionnant et réussit à générer des réactions très réalistes.
Pour ce qui est du reste, sachez que comme tout jeu de la série Battlefield qui se respecte, une multitude de médailles et de décorations sont collectionnables. La chasse aux récompenses est donc toujours aussi passionnante. Chaque grade gagné sur le champ d’honneur donne de précieux crédits servant à débloquer des armes et gadgets. Le balancement des armes est excellent et après quelques grades, notre équipement devient décent et compétitif, à condition de faire les bons choix. À noter que la version Gold donne dès le départ accès à une arme additionnelle par classe de soldat. Ces mêmes armes sont tout de même accessibles pour les autres une fois le niveau 25 atteint.
Lors de ma participation au Beta test plus tôt cette année, ma plus grande déception était assurément la qualité visuelle du jeu. Le champ de vision était mauvais, les textures baveuses et imprécises, bref, rien de bien encourageant. Je dois ici dire que je jouais sur un téléviseur ordinaire et que mon saut vers la haute définition à été providentiel. En effet, malgré un environnement relativement dénudé, l’ensemble est bien réalisé, avec des modélisations et animations de qualités. Les effets d’explosions sont impressionnants, d’autant plus qu’elles ne causent aucun ralentissement.
La chose qui risque le plus de diviser l’opinion des joueurs demeure la traduction française. Pour bien situer le niveau de langage et la qualité de celui-ci, je compare Battlefield: Bad Company au film Full Metal Jacket. La ressemblance est tellement frappante que j’ai l’impression que c’est volontaire et fait en pleine connaissance de cause. Cette traduction colle à merveille à l’univers et renforce encore plus l’ambiance qui s’en dégage. Les personnages stéréotypés au maximum, deviennent des coups crédibles et attachants. Avoir choisi une traduction plus traditionnelle aurait, selon moi, gâché le résultat.

 

Jouabilité
En une demi-heure, les contrôles sont assimilés. Simple et efficace, il faut juste s’habituer de jouer avec un contrôleur, la visée peut s’avérer très frustrant au début. Le design des cartes est magistral, elle procure de l’action incessante et des parties rythmées. La campagne solo, bien que divertissante, ne casse rien dû à certains problèmes au niveau de la réalisation. 19 /20  

Scénario
Le scénario n’est pas vraiment intéressant, c’est plus l’ambiance qui se dégage de la campagne qui la rend intéressante. 10 /20  

Qualité graphique
Les environnements sont dépouillés hors des points centraux. Les modélisations de personnages et de véhicules sont réussies. Une excellente note aux effets spéciaux qui sont nombreux et ne causent aucun ralentissement. 16 /20  

Qualité sonore
Les bruitages sont convaincants. La trame française risque d’en faire frémir plus d’un. En effet, c’est grossier, l’humour y est gras et de bas étage et les voix stéréotypées au possible. Il faut voir cela comme une satire des vieux films de guerre pour apprécier. 16 /20  

Durée de vie
Avec le nombre de médailles, récompenses, armes et objets à gagner et déverrouiller, de longues heures de jeu seront à prévoir. Le mode Xbox Live crée tout simplement une dépendance et il est très difficile de fermer notre console une fois le disque lancé. 20 /20  

 

Dice est devenu un maître dans le développement de jeux en ligne. Il suffit de voir la finition, les petits détails, les à-côtés de ce nouveau Battlefield pour réaliser à quel point ce studio a acquis une expertise incroyable. La jouabilité est huilée à la perfection, le fun est immédiat et la réalisation est sans faille. En bonus, une campagne solo qui malgré ses gros défauts, a le mérite de sortir des chantiers battus et offre quelques heures d’amusement supplémentaires. Assurément un prétendant au titre de jeu de l’année 2008.

90 %
 
Stéphane Beauchesne

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