Army of Two
Army of Two
ParDaniel Carosella
Genre : Action
Créé le : 18 mars 2008
Dernière modification : 30 décembre 2008
Site web : Army of Two
Éditeur : Electronic Arts
Développeur : EA Montréal
Sortie en magasin : Mars 2008
Config requise : Xbox 360
Xbox Live Gold fortement recommandé (multijoueur)

Aussi disponible sur PlayStation 3
 
Images | Critiques des lecteurs
 
Le premier projet de EA Montréal a laissé croire à un potentiel extrêmement prometteur au sein du studio montréalais du géant du jeu vidéo. Néanmoins, même si NHL 07 a été couronné de succès, le second produit (Boogie) de EA Montréal fut plus que décevant. À quoi peut-on s’attendre de Army of Two, troisième jeu du studio envers lequel Electronic Arts n’a jamais caché son enthousiasme et ses espérances ? Eh bien, malgré un certain scepticisme, je dois avouer avoir été agréablement surpris par ce jeu de tir coopératif plaisant, mais n’étant pas aussi révolutionnaire et n’atteignant pas le degré d’excellence promis par EA depuis plusieurs mois.

 

1Autant le dire tout de suite: Army of Two possède un scénario très controversé. En effet, le jeu plonge de plein fouet dans la paranoïa entourant la corruption gouvernementale et l’attrait du pouvoir. De plus, on nomme des groupes et on abat des adversaires appartenant à des peuples réels, ce qui risque d’en offusquer plus d’un. Néanmoins, le scénario du jeu est intéressant puisqu’il met en scène deux personnages attachants. Effectivement, l’histoire du jeu est transmise à travers les événements auxquels prennent part les mercenaires Elliot Salem et Tyson Rios et la personnalité de ces derniers fait en sorte qu’on prend plaisir à suivre leurs aventures à travers le monde. Par chance puisque l’évolution du scénario en devient ridicule tant ce dernier est quelque peu poussé par les cheveux. Ceux n’en pouvant plus du climat de peur régnant aux États-Unis et surtout des théories de complots internes riront devant l’histoire de Army of Two tant elle devient risible au fur et à mesure que l’on avance dans le jeu.
2Dès vos premiers pas au sein de Army of Two, vous aurez l’impression de vous retrouver devant un clone de Gears of War. En fait, on ne peut nier l’influence de ce jeu dans Army of Two puisque le style des deux jeux est semblable, pour ne pas dire identique par moments. Vous devrez utiliser plusieurs des tactiques de Gears of War et vous protéger à l’aide de diverses structures, que ce soit des blocs de béton, des voitures, des pans de mur et même des machines distributrices. Tout comme dans Gears of War, vous passerez le plus clair de votre temps accroupi dans Army of Two afin de vous protéger de ceux-ci. Même la sélection d’armes et le système de visée sont semblables à ceux de Gears of War, Army of Two vous permettant de tirer par-dessus la surface vous protégeant et d’avoir en votre possession trois armes et des grenades. En fait, voyez Army of Two comme un Gears of War dans un univers réaliste.
3Tout de même, Army of Two n’est pas qu’une simple copie de Gears of War et possède des caractéristiques lui étant propres. Ainsi, Army of Two est beaucoup plus axé sur l’élément coopératif puisque tout dans le jeu est lié à la coopération entre les deux protagonistes. Seul, vous ne survivrez pas longtemps dans les environnements de Army of Two, tous les niveaux étant véritablement axés sur la coopération. Même si cette dernière est quelque peu poussée par endroits (devoir attendre l’autre personnage pour soulever une porte est ridicule), cela donne droit à des tactiques fort intéressantes à utiliser. Ainsi, vous pourrez par exemple prendre un bouclier et protéger votre coéquipier pendant que ce dernier canardera vos ennemis, changer vos armes avec celles de votre allié en temps réel, tirer lorsque votre coéquipier vous traînera pour vous soigner si vous tombez au combat et même viser des cibles à deux en utilisant un fusil de tireur d’élite. Il vous sera même possible, selon le personnage que vous incarnerez, de déterminer la direction de votre duo lorsque vous volerez en parachute ou, dans cette situation, de tirer les ennemis qui tenteront de vous abattre avec un fusil de tireur d’élite. Ces tactiques sont fort intéressantes à utiliser en coopération, mais sont loin d’être aussi plaisantes à exploiter que les deux réelles nouveautés de Army of Two.
4La plus grande nouveauté apportée avec le jeu et sans contredis la plus intéressante est le système d’Aggro. Ce dernier est en fait un système où un joueur attire l’attention de l’ennemi pendant que l’autre fonce et abat les adversaires du duo. Ainsi, vous pouvez très bien dire à votre partenaire de tirer des rafales de balles sur vos ennemis pour attirer leur attention, vous faufiler en douce puis les abattre par derrière. Les niveaux du jeu sont conçus afin d’exploiter ce système d’Aggro et certains de vos adversaires vous forceront à l’utiliser. À noter qu’une fois la jauge d’Aggro d’un personnage remplie, vous entrerez en mode Overkill, ce qui vous permettra notamment d’être invisible aux yeux de vos ennemis. Peu réaliste, j’en conviens, mais Army of Two n’est pas un jeu très réaliste de toute façon, comme en fait foi le système Back to Back. Celui-ci, autre nouveauté que j’ai bien aimée, n’est présent qu’à des moments précis et ralentira non seulement le jeu, mais vous permettra aussi de tirer frénétiquement sur vos ennemis sans égard à votre nombre de munitions. Peu réalistes ces systèmes, mais très divertissants tout de même dans l’univers de Army of Two.
5Certes, vous pouvez déjà déduire que Army of Two est un jeu s’appréciant davantage avec un ami, que ce soit localement ou bien en ligne. Or, cela n’aurait pas dû être fait au détriment de la portion solo chez EA Montréal, ce qui est pourtant le cas. En fait, l’intelligence artificielle alliée du jeu est problématique, voire même rageante par moments. Votre coéquipier agira souvent de façon stupide et ne vous portera malheureusement pas assistance aux moments où vous en aurez le plus besoin. Il faut constamment guider le personnage que l’on n’incarne pas dans la portion solo en lui disant de tenir sa position, de tirer, d’avancer ou de venir vous rejoindre et ça en devient lassant au bout d’un moment. Par exemple, vous dites à votre allié de rester sur place et de tirer pour attirer l’attention de l’ennemi. Une fois vos adversaires abattus, vous avancez et vous vous retrouvez face à une nouvelle vague d’adversaires. Or, si vous n’avez pas dit à l’autre personnage de vous suivre, il restera planté à sa position sans jamais bouger. Cela fait en sorte qu’on doit non seulement surveiller ses alentours, mais aussi les mouvements de notre allié. C’est lassant et pénible de devoir tout lui indiquer, d’autant plus qu’on ne peut jamais pointer un endroit précis où il pourrait se positionner, le jeu n’offrant pas cette option. Dommage, mais ne comptez pas sur une expérience aussi riche en solo qu’à deux joueurs, le jeu prenant tout son sens lorsqu’on joue avec quelqu’un d’intelligent et non avec une intelligence artificielle qui aurait pu être bien meilleure.
6La coopération n’est pas le seul élément prédominant dans le jeu. En tant que mercenaires, vous aurez droit à diverses sommes d’argent pour l’accomplissement de vos missions, en plus de quelques bonis monétaires si vous remplissez certains objectifs secondaires. EA a bien intégré ce système au jeu et cela ajoute à notre intérêt que de compléter des missions pour acquérir de l’argent, en plus d’avoir droit à des objectifs secondaires apparaissant parfois en cours de route et nous octroyant des bonis. Cet argent est d’autant plus intéressant à amasser qu’il sert à acheter des armes et des masques pour les personnages du jeu. D’ailleurs, vous pourrez même modifier vos armes afin de les rendre plus performantes ou ou bien changer leur look. À noter que l’argent accumulé tant en solo qu’en multijoueur est cumulatif, ce qui est intéressant puisque vous pourrez dépenser votre argent comme vous le voudrez sur des armes peu importe si vous l’ayez gagné en solo ou en multijoueur. Dommage cependant qu’en solo, on ne puisse acheter et équiper des armes pour son allié, le jeu nous limitant à améliorer l’arsenal du personnage que l’on incarne seulement.
Il y a toutefois quelques manques et restrictions qui se font sentir ici et là au niveau du design du jeu et on en vient à se demander pourquoi le retard de Army of Two n’a pas été plus bénéfique pour ce dernier. En parcourant tous les tableaux du jeu, j’ai remarqué un manque au niveau des quêtes secondaires, plusieurs se ressemblant d’ailleurs au fil des missions. Ce n’est pas qu’il y en ait peu, mais bien qu’on aurait pu en offrir davantage et permettre ainsi d’amasser plus d’argent de cette façon. De plus, les niveaux sont plutôt linéaires et je crois qu’en les ouvrant davantage, cela aurait permis de donner plus de missions secondaires et aurait donc contribué à approfondir davantage le jeu. Certes, certains environnements sont grands, mais vous remarquerez souvent des murs invisibles limitant la liberté de mouvement ainsi qu’une conception de niveaux nous faisant constamment partir d’un point A pour finalement atteindre un point B. Il est également malheureux de constater qu’on ne peut utiliser la visée à longue portée à deux ou encore le Back to Back qu’à des endroits précis, le jeu nous limitant une fois de plus de ce côté. C’est quelque peu dommage et on sent qu’on aurait tout simplement pu avoir plus en bout de ligne.
Un autre système qu’on nous montre lors du didacticiel du jeu, mais qui n’est jamais exploité, est celui de l’interaction entre les deux mercenaires. Il vous sera en effet possible d’interagir avec votre coéquipier en le félicitant lors d’un bon coup ou encore en lui donnant un coup vous serez fâché. Or, ce système n’est aucunement exploité et ne sert à rien en bout de ligne sauf pour avoir droit à quelques répliques humoristiques ici et là. Il aurait, par exemple, été agréable d’avoir droit à un système d’interaction au sein du jeu où des conséquences dans la relation entre les deux mercenaires auraient pu être visibles. Voir son coéquipier moins nous aider ou nous envoyer promener si on ne le félicite pas ou qu’on ne lui vient pas en aide aurait été fort intéressant au sein du jeu. Malheureusement, l’idée de départ n’a jamais été poussée plus loin et est demeurée à un stade primaire.
Graphiquement, Army of Two s’en tire bien, même si on est loin d’un Gears of War. Les personnages sont bien modelés dans l’ensemble et leurs animations sont très fluides. Les détails étant présents sur les personnages principaux du jeu sont aussi surprenants, Salem et Rios étant épeurant avec leur armure sur le dos. Dommage toutefois que les modèles d’ennemis, pourtant bien faits, soient répétitifs de sorte qu’on a vaguement l’impression d’affronter les mêmes adversaires dans un même niveau. Les environnements quant à eux sont garnis de belles textures et les différents bâtiments sont en général bien conçus. L’eau est un élément particulièrement bien fait dans Army of Two, bien qu’elle ne soit pas de la qualité de Gears of War pour autant. Divers effets spéciaux de bonne qualité sont présents ici et là afin d’agrémenter les séquences de combat, mais encore une fois, le jeu d’Electronic Arts n’est pas à la hauteur de celui d’Epic Games. Néanmoins, les explosions présentes lorsqu’on abat des avions ou hélicoptères ou encore lorsqu’on fait exploser des conduites de gaz sont superbes. À noter que certains bogues graphiques sont présents, surtout au niveau de la détection de collision. Il n’est donc pas rare de voir un bras ou une arme passer au travers d’un mur. Il arrive aussi que certaines textures se chargent avec les niveaux lorsqu’on passe devant, bien que ce ne soit pas particulièrement problématique au sein du jeu.
Côté sonore, les voix attribuées aux personnages du jeu sont excellentes, surtout pour Salem et Rios. Leurs dialogues sont merveilleusement rendus grâce au support d’excellents acteurs qui sont parvenus à recréer les émotions de chacun des personnages avec brio. À noter tout de même que certains commentaires sont répétitifs tant ils reviennent souvent (surtout lorsqu’on donne des ordres à notre coéquipier) et que les personnages jurent énormément. Oreilles sensibles s’abstenir donc. La musique, qui n’est pas continue, est tout de même de bonne facture, collant plutôt bien avec l’ambiance sérieuse et parfois très rythmée du jeu. Quant aux divers bruits, ils sont de bonne qualité, les effets sonores de chaque fusil ayant été recréés avec un grand souci au sein du jeu, tout comme les divers types d’explosions.
Au niveau de la durée de vie, je dois avouer que la campagne du jeu est plutôt courte. Même si elle offre trois modes de difficulté et des armes et masques à acheter, vous l’aurez terminée en moins de huit heures facilement et c’est quelque peu dommage. Une fois la campagne terminée, vous serez peut-être tenté de la refaire pour amasser plus d’argent, pour débloquer plus d’armes et pour avoir plus de Succès, mais c’est tout de même dommage de n’avoir droit qu’à un nombre aussi restreint de niveaux en solo. La portion multijoueur ajoute bien sûr à la durée de vie et, en plus du mode coopératif, vous aurez droit à un mode Versus. Dans ce dernier, deux équipes doivent s’affronter en complétant divers objectifs afin d’amasser le plus d’argent possible. Intéressant ? Oui, mais les ralentissements fréquents de ce mode et l’impossibilité de jouer avec le monde entier nuisent à l’intérêt qu’on y porte. En plus de gros problèmes de latence sur les serveurs de EA, vous ne pourrez jouer qu’avec des joueurs de votre région (Amérique du Nord ou Europe) puisque EA a restreint l’accès aux modes multijoueur qu’aux joueurs d’un même marché afin de diminuer les problèmes de latence. Une solution n’atteignant visiblement pas son but avec le mode Versus que, je l’espère, EA améliorera sous peu.

 

Jouabilité
L’élément coopératif est très intéressant et plusieurs tactiques sont plaisantes à exploiter. Cependant, on ne peut s’empêcher de penser qu’on aurait pu avoir plus en bout de ligne, surtout dans la portion solo. D’ailleurs, cette dernière souffre d’une intelligence artificielle alliée déficiente. Mode Versus en ligne intéressant, mais souffrant de ralentissements importants. 15 /20  

Scénario
Le duo de Salem et Rios est attachant. Néanmoins, le scénario de Army of Two risque d’en offusquer plus d’un et frise parfois le ridicule. 12 /20  

Qualité graphique
Le jeu s’en tire bien avec des personnages bien détaillés aux animations fluides. Les décors sont également bien faits et plusieurs effets viennent agrémenter leur beauté. À noter cependant une certaine répétition dans les modèles d’ennemis ainsi que certains bogues graphiques. 17 /20  

Qualité sonore
Excellente performance de la part des acteurs ayant prêté leurs voix aux divers personnages du jeu, même si certains commentaires sont répétitifs. Bonne musique d’ambiance, bien qu’elle demeure en arrière-plan. Bruits d’ambiance de bonne qualité nous accompagnant tout au long du jeu. 18 /20  

Durée de vie
La campagne solo est courte, à peine huit heures étant nécessaires pour la compléter. Les modes de difficulté, les armes à débloquer et les Succès ajoutent bien sûr à la durée de vie, tout comme les modes multijoueurs. Dommage néanmoins qu’on ne puisse jouer qu’avec des joueurs de sa région. Si EA peut corriger les problèmes du mode Versus, le tout n’en sera que plus intéressant. 15 /20  

 

Army of Two est un jeu qui m’a agréablement surpris. Ce n’est pas un titre révolutionnaire, Gears of War et même la portion multijoueur des derniers jeux de la franchise Splinter Cell ayant déjà proposé plusieurs des éléments mis de l’avant dans Army of Two. Le jeu contient aussi son lot de problèmes et aurait pu nous en donner plus. Toutefois, il s’agit d’un jeu intéressant parvenant à se démarquer sur le marché des jeux de tir à la troisième personne, surtout lorsqu’on joue à deux. Ce n’est pas parce que je suis Montréalais et que le jeu a été conçu dans un studio près de chez moi que j’ai aimé Army of Two, mais bien parce que j’y ai trouvé un plaisir que je ne croyais pas ressentir avant de commencer à y jouer. Le président de EA Montréal, Alain Tascan, a récemment avoué que son but était de vendre plus de copies de Army of Two qu’Assassin’s Creed d’Ubisoft. Remportera-t-il son pari ? Difficile à dire non pas parce que Army of Two est mauvais, loin de là, mais bien parce qu’un certain Rainbow Six Vegas 2 offrant aussi une portion coopérative alléchante pourrait faire de l’ombre au dernier-né d’EA Montréal.

80 %
 
Daniel Carosella

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