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Advance Wars: Days of Ruin |
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Lorsqu’on évalue une suite, on ne peut faire autrement que la comparer à son ou ses prédécesseurs. Bien sûr, on évalue la qualité des ajouts, mais on observe également quelles décisions ont été prises quant au design du jeu afin de déterminer s’il s’agit de bonnes ou mauvaises décisions pour le futur de la série. Dans le cas de Advance Wars: Days of Ruin, disons que certaines nouveautés sont intéressantes, mais que le jeu soulève quelques questionnements quant à des décisions prises dans sa conception.
 Days of Ruin prend place dans un contexte beaucoup plus sérieux et dramatique que les autres Advance Wars. La Terre n’est désormais qu’un champ de ruines, complètement dévastée par une pluie de météorites ayant supprimé 90% de la vie sur la planète bleue. Dans ce contexte très sombre, vous devez protéger l’humanité d’elle-même, la rareté des ressources et l’annihilation des gouvernements ayant transformé certains humains en animaux. La mise en scène de Days of Ruin, qui est un véritable contraste avec le style plus joyeux des autres Advance Wars, est intéressant, mais est également bourré de clichés moins appréciables. En fait, les moments où des questions philosophiques sur la nature humaine font surface ne peuvent rivaliser avec des séquences frisant le ridicule où des mouchoirs et des violons auraient pu être présents tant elles sont d’un style mélodramatique plutôt pauvre. Le scénario n’est pas mauvais seulement, on aurait facilement pu se passer de certains moments « touchants » totalement inutiles.
 Dès vos premiers moments dans Days of Ruin, vous aurez l’impression d’avoir droit à une copie de ses prédécesseurs. En fait, le style du jeu est identique aux autres Advance Wars et sauf pour la mise en scène, les autres nouveautés de Days of Ruin sont beaucoup plus subtiles. Toutefois, la formule fonctionne toujours aussi bien et cela est en grande partie dû à l’excellente conception des niveaux d’Intelligent Systems. Tant et aussi longtemps que le studio conservera le style classique de la série en le couplant à son savoir-faire en matière de conception de niveaux stratégiques, la franchise fonctionnera. Tout de même, de nouvelles options sont présentes au sein de Days of Ruin, certaines ajoutant d’ailleurs des stratégies plutôt intéressantes à exploiter.
 La Terre ayant été victime d’une pluie de météorites, vous pouvez évidement vous attendre à voir des changements dans les niveaux du jeu. En fait, vous aurez désormais droit à de nouveaux types de terrains qui permettront à vos unités d’avoir un avantage défensif sur vos adversaires. En plus de ruines de villes, vous retrouverez dans Days of Ruin des champs d’énergie ainsi que d’immenses flammes très utiles dans les situations d’ombre de guerre. La pluie de météorites ayant formé un immense nuage noir dans l’atmosphère terrestre, vous retrouverez beaucoup plus de niveaux où sera présente une ombre de guerre qui limitera votre vision du champ de bataille. Les grosses flammes visibles sur certains terrains vous permettront de voir quelques carrés autour d’elles, ce qui vous aidera quelques fois à observer les déplacements de vos ennemis. Ce n’est également pas pour rien qu’une unité propulsant une fusée éclairante est désormais proposée afin d’amenuiser la difficulté imposée par l’ombrage de guerre.
 Parlant de nouvelles unités, certaines ont été enlevées par rapport à Advance Wars : Dual Strike, d’autres ont été ajoutées et d’autres encore ont été modifiées. Vous pourrez désormais construire des War Tanks, qui remplacent les Neotanks et Megatanks de Dual Strike et qui sont excessivement puissants. Cependant, ils ne seront pas infaillibles puisque, enfin, une unité anti-tank peut être construire, ce qui est un ajout très apprécié par rapport aux précédents Advance Wars qui permet enfin de contrer les puissants tanks de l’ennemi. Deux nouvelles unités aériennes sont aussi proposées, l’une permettant d’ailleurs d’attaquer n’importe quelle unité. Néanmoins, la nouvelle unité que j’ai le plus appréciée et qui ajoute de la profondeur au jeu est sans contredis le Genie, qui remplace l’APC des opus précédents de la série. Le Genie peut non seulement ravitailler les unités adjacentes, mais il peut aussi construire des ports et aéroports temporaires qui permettent de ravitailler vos bateaux et avions. Peut-être cela paraît-il futile dit comme cela, mais pouvoir construire des ports et aéroports à divers endroits ajoute un élément de stratégie très intéressant à la série, surtout lors d’attaques massives. À noter que les unités peuvent gagner des rangs lorsquils abattent un ennemi, ce qui augmente leurs caractéristiques défensives et offensives. Néanmoins, cela ne leur confèrera quun très maigre avantage en combat et ne rendront pas tellement plus puissantes vos unités, ce système étant donc quelque peu futile.
 Contrairement aux autres Advance Wars, les généraux (qui sont moins nombreux cette fois-ci) ne peuvent plus être utilisés à partir d’un menu. Certes, ils ont toujours des pouvoirs, mais ils sont désormais déployés à partir du terrain de combat plutôt qu’à partir d’un menu. En fait, vous n’aurez aucun général en début de partie. Puis, à un certain moment, les généraux s’impliqueront dans les missions en tant qu’unités pouvant être dirigées sur le terrain. À ce moment, lesdits généraux pourront déployer leurs pouvoirs aux unités les côtoyant, ce qui rend ces derniers beaucoup plus subtils et moins déterminants que dans les Advance Wars précédents. Certes, un pouvoir d’un général peut influencer le cours d’un combat, mais comme les pouvoirs sont moins puissants et qu’ils affectent en majeure partie un certain nombre d’unités plutôt que l’ensemble des effectifs, disons qu’ils ne jouent pas un rôle aussi important qu’auparavant. Cependant, la présence des généraux sur les terrains de combat force à user de plus de stratégie et à tirer profit de leurs pouvoirs plus judicieusement que par le passé, ce qui est intéressant.
 Malgré ces nouveautés, je n’ai pu m’empêcher de me demander pourquoi certaines des meilleures idées de Dual Strike ont été supprimées dans Days of Ruin. Comme je l’ai mentionné, le cœur du nouveau venu de la série est identique à celui des titres précédents de celle-ci. Cependant, et pour une raison que j’ignore, Intelligent Systems a supprimé les combats sur deux écrans de Dual Strike, une nouveauté de ce jeu qui s’était avérée l’un de ses éléments les plus innovateurs et intéressants. C’est fort dommage de voir l’écran du haut de la NDS n’être utilisé que pour afficher des données sur les unités ou les types de terrains du jeu. Certes, ces données sont utiles, claires et bien divisées par rapport à l’action dans l’écran du bas, mais les deux écrans de la console étaient beaucoup mieux exploités dans Dual Strike qu’ils ne le sont dans Days of Ruin. L’écran tactile est aussi utilisé de façon minimale, voire inutilement. En fait, avant longtemps ai-je décidé de n’utiliser que les boutons de la console pour jouer, toutes les actions du jeu pouvant être complétées à l’aide des boutons. Cela relègue donc l’écran du bas de la NDS à une pure forme d’inutilité. Si ce n’était de la division de l’action et des informations du jeu, ce dernier n’aurait carrément exploité aucune des capacités de la NDS.
Une autre suppression très discutable de la part d’Intelligent Systems est le marché des précédents Advance Wars. Si vous vous rappelez, il était possible d’acheter des niveaux supplémentaires ainsi que d’autres bonis dans les Advance Wars précédents à l’aide des points récoltés au sein des missions. Or, ce système a été supprimé dans Days of Ruin, ce qui est excessivement dommage. Là où un élément supplémentaire était présent afin de récolter plus de points au sein des missions, on ne retrouve dans Days of Ruin qu’un système de points plutôt futile ne servant qu’à nous pousser à récolter de meilleurs rangs au sein des missions ou bien l’une des 270 médailles du jeu. C’est beaucoup moins intéressant que dans les autres Advance Wars et on en vient à penser que les points des missions ne sont que le vestige d’un ancien système dont on s’ennuie.
Si vous n’avez jamais joué à un Advance Wars auparavant, je ne suis pas sûr que Days of Ruin soit la meilleure façon de vous initier à la série. En fait, ce dernier est relativement aisé au tout début pour se corser de façon significative dès la moitié de la campagne principale. Au cours de cette dernière, vous débloquerez des missions d’entraînement extrêmement difficiles qui peaufineront certes vos talents de stratège, mais qui provoqueront aussi la rage de plus d’un joueur. En fait, Intelligent Systems a conçu Days of Ruin de telle façon que ce dernier ne pardonne pas. Après quelques missions, dès que vous effectuerez une erreur ou que vous oublierez un élément par rapport à la position de l’ennemi, vous n’aurez pratiquement pas de chance de vous reprendre tant l’adversaire répondra rapidement et sans ménagement. Rapidement a-t-on l’impression de jouer à un jeu d’essais et erreurs où l’on revient dans une mission afin d’y essayer une autre tactique par rapport à l’ennemi afin de ne pas provoquer la même erreur qu’auparavant. Ça en devient frustrant vers la fin du jeu alors que les missions sont longues et qu’une simple erreur peut nous faire perdre une partie nous ayant coûté plus de 2 heures (oui, elles sont longues) de notre vie.
Graphiquement, cet opus a bénéficié d’une refonte quasi-complète afin de donner un ton plus sombre et sérieux à la série. Ce n’est rien de particulièrement relevé par rapport à Dual Strike, les unités sur les terrains de combat ayant toujours le même look. Cependant, lors des combats, vous aurez droit à quelques effets 3D qui sont plus beaux que dans les titres précédents, notamment l’effet d’explosion produit lorsqu’on coule un bateau. Les images des unités lors de ces combats sont aussi plus détaillées qu’auparavant, bien qu’elles demeurent en 2D. Dommage cependant de constater que les personnages, même s’ils sont moins cartoon qu’auparavant, demeurent statiques et ne sont que des images en carton n’ayant aucune animation en temps réel. Un changement de cap correct pour la série Advance Wars, bien que cela ne se démarque pas tant que cela de Dual Strike.
Côté sonore, la musique du jeu est beaucoup plus agressive et sombre que dans les opus précédents. Cela reflète donc parfaitement la nouvelle ambiance du jeu, mais les pièces musicales deviennent très répétitives. Tout comme dans les autres Advance Wars, quelques pièces musicales ont été intégrées au jeu pour des situations particulières, ce qui fait en sorte qu’on a droit aux mêmes échantillons sonores de niveau en niveau. La musique est de bonne qualité et recrée bien à l’oreille la situation désastreuse de la Terre dans le jeu, mais plus de diversité aurait été appréciée. Les divers bruits produits par les unités ainsi que les explosions sont semblables à ceux de Dual Strike et sont, en général, de bonne qualité même s’ils sont limités. Aucune voix n’est présente au sein du jeu, ce qui est un peu dommage compte tenu que Dual Strike possédait au moins quelques extraits vocaux lors des missions.
Les jeux de la franchise Advance Wars sont reconnus pour avoir une excellente durée de vie et Days of Ruin ne fait pas exception. En plus d’une bonne campagne solo totalisant 26 missions plutôt longues ainsi que des missions d’entraînement, le jeu comprend un mode où vous retrouverez 150 niveaux à travers lesquels vous pourrez défier l’intelligence artificielle seul ou bien avec trois amis selon le niveau choisi. En plus de cela, le jeu offre un éditeur semblable aux autres Advance Wars et qui est donc très facile à utiliser. D’ailleurs, l’une des options que j’ai bien aimée dans cet éditeur est la possibilité de choisir le type de comportement qu’adoptera l’intelligence artificielle dans les niveaux que l’on conçoit, ce qui est très intéressant. Rajoutez à cela un mode en ligne où vous pourrez défier vos amis tout en leur parlant et où vous pourrez échanger les niveaux que vous aurez créés et vous avez un jeu qui, à l’instar de ses prédécesseurs, vous tiendra occupé un bon bout de temps. Dommage que la boutique ne soit plus présente, celle-ci ayant été si intéressante dans les autres opus…
Jouabilité
| Le style classique de la franchise Advance Wars est de nouveau proposé et fonctionne toujours aussi bien. Plusieurs nouvelles options offrent des éléments de stratégie fort intéressants à exploiter. Cependant, le jeu est excessivement difficile, voire frustrant, et des aspects ayant pourtant été un succès dans les opus précédents ont été supprimés. Dommage. |
16 /20 |
Scénario
| Un tout nouveau scénario dans la franchise Advance Wars bien plus sombre que par le passé. Cest intéressant, notamment lorsquil est question de la nature humaine, mais le tout est entouré de clichés inutiles. |
14 /20 |
Qualité graphique
| Les combats sont garnis deffets 3D un peu plus beaux que les opus précédents et les unités sont plus détaillées. Les personnages ainsi que lunivers du jeu sont également plus réalistes afin de refléter lambiance sombre mise de lavant. Néanmoins, en général, le jeu ne se distingue pas tellement de Advance Wars: Dual Strike. |
15 /20 |
Qualité sonore
| Bonnes pièces musicales plus agressives que par le passé, mais en nombre trop peu suffisant. Les effets sonores sont de la même qualité quauparavant. Aucun échantillon vocal à noter. |
14 /20 |
Durée de vie
| Le jeu offre une grande durée de vie avec sa campagne solo renfermant des missions principales ainsi que des missions dentraînement, un mode comprenant 150 niveaux jouables seul ou avec trois amis, un éditeur facile à utiliser, plus de 200 médailles à amasser et un mode en ligne somme toute complet. Dommage que la boutique de la série ait été supprimée, ce qui accentuait notre intérêt par le passé... |
19 /20 |
Advance Wars Days of Ruin marque un tournant dans la populaire franchise Advance Wars. Ce fut risqué de la part d’Intelligent Systems de renouveler l’ambiance de sa série, mais le tout s’avère être réussi grâce à des missions intéressantes et un style de jeu devenu certes classique au fil des années, mais qui fonctionne toujours aussi bien. Il est simplement dommage que le studio ait passé le couperet dans certains modes et options pourtant fort appréciés par le passé et que le jeu soit davantage destiné aux connaisseurs de la série plutôt qu’aux néophytes en étant très difficile. Tout de même, je vous invite à jeter un œil sur cet Advance Wars différent et ardu, certes, mais tout de même fort intéressant pour ceux aimant incarner un général de guerre devant leur console.
84 % Daniel Carosella
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