Brothers in Arms: Road to Hill 30
Brothers in Arms: Road to Hill 30
ParFrancis Brochu
Genre : Shooter
Créé le : 27 février 2005
Dernière modification : 4 janvier 2009
Site web : Brothers in Arms: Road to Hill 30
Éditeur : Ubisoft
Développeur : Gearbox
Sortie en magasin : Mars 2005
Config requise : Xbox
Xbox Live! si vous désirez jouer en ligne

La langue française est supportée.
 
Images | Critiques des lecteurs
 
Le 5 juin 1944, à la veille de l’un des jours les plus marquants de l’Histoire, toutes guerres confondues, le commandant en chef des Forces Alliées, le général Eisenhower a rencontré l’unité du sergent Matt Baker. Ce fut la seule unité que le général rencontra avant le Jour-J. Les forces alliées s’attendaient à 80% de blessés à la suite de cette courageuse mission en Normandie.

 

1Le jeu Brothers in Arms: Road to Hill 30 est basé sur une histoire vraie. Votre personnage est le sergent Matt Baker, un soldat de 23 ans ayant vraiment existé. Vous suivrez ses aléas aux côtés des autres soldats du 502e régiment d’infanterie parachutiste, la 101e aéroportée. Votre histoire débutera au Jour J, et se terminera sept jours plus tard, aux environs de la côte 30. Vous vivrez donc une semaine d’enfer à faire votre part dans cette Deuxième Guerre Mondiale. C’est d’ailleurs sous une phrase philosophique à la fois belle et troublante que s’ouvre le jeu : "Mon père m’a toujours dit qu’on a deux familles : celle que l’on a à notre naissance, et celle que l’on a à notre mort". S’en suivra quelques événements qui surprendront le joueur, et hop! nous en sommes au Jour J. L’action et l’intensité ne font que commencer.
2Au niveau du détail historique, Gearbox s’est vraiment donné. Premièrement, l’un des scénaristes du jeu n’est nul autre qu’un colonel retraité de l’armée américaine, du nom de John Antal. Cet historien, ainsi que toute l’équipe de Gearbox, se sont basés sur des archives nationales de l’époque, et également sur des centaines de clichés pris sur le terrain par leur propre équipe, pour développer Road to Hill 30. Même le scénario et les missions sont basées sur des événements vécus, et d’ailleurs notre soldat ne se promène pas de part et d’autre des terrains de la guerre. Il a été parachuté en France, et suivra un tracé réaliste échelonné sur sept jours avant d’arriver à la côte 30. Bravo pour la prise en compte très sérieuse du détail historique, mais si le côté scénaristique a bien du sens, celui de la jouabilité est fort intéressant pas ses nouveautés, mais il reste à peaufiner sur quelques aspects.
3Laissez-moi d’abord vous expliquer quelques points très importants avant d’arriver aux défauts. Oui, Brothers in Arms peut être considéré comme un "first person shooter", mais attention ! Vous n’aurez pas à foncer dans le tas pour botter les fesses de l’Axe, ô non ! Si vous vous retrouvez seuls, vous allez voir que vous allez être dans un sacré pétrin ! Ici, l’accent est mis sur le travail d’équipe et la gestion de nos soldats. En effet, puisque vous êtes sergent, vous allez avoir rapidement sous votre commandement une ou plusieurs unités. Il faudra donc constamment leur donner des ordres pour qu’ils nous suivent, nous attendent, nous couvrent, attaquent ou prennent le soldat par surprise par le flanc. Les ennemis n’arriveront pas par dizaines, mais ils seront bien planqués et suffisament armés pour vous causer du trouble, d’où l’importance de respecter la règle des 4F.
4Find, Fix, Flanck, Finish. Voilà la règle d’or. Tout d’abord, trouver le soldat. Par la suite, s’organiser pour qu’une unité les forcent à se cacher et se mettre en repli. Pendant ce temps, vous ou une autre unité partirez par le flanc pour aller les abattre par surprise de côté. Voilà, ils sont hors de combat. Si cela paraît simple au départ, vous verrez rapidement que le positionnement géographique d’un ou plusieurs groupes de soldats ennemis va finir par vous faire travailler les méninges, et pas à peu près. Après tout, c’est de votre devoir de trouver le moyen de mettre hors d’état de nuire l’ennemi, tout en ramenant sain et sauf les soldats sous votre commandement. Ce ne sera donc pas une chose facile et évidemment, les missions seront de plus en plus corsées avec le temps.
5Aux premiers abords, les contrôles peuvent sembler difficiles, mais ils deviendront rapidement chose simple. Le seul problème, c’est que bien que le concept soit vraiment intéressant, il a ses quelques imperfections. Tout d’abord, à l’aide de la gachette gauche, vous pourrez pointer vers où l’escouade doit aller ou bien sur qui tirer. Ceci dit, si pointer l’endroit où aller se planquer est chose simple, pointer qui tirer manque un peu de précision. En effet, si les soldats n’ont pas été amenés au bon endroit, ils vous diront qu’ils ne peuvent tirer. C’est donc quelque peu frustrant de toujours devoir les positionner en un endroit précis pour qu’ils tirent sur des personnes précises. Pourquoi ne sont-ils pas capables de se déplacer eux-mêmes advenant le cas ? Cela devient d’autant plus dommage lorsque vous avez deux escouades à gérer pendant que les Allemands vous tirent dessus. Il faut de la précision et il ne faut pas envoyer nos soldats à la boucherie, tout en n’oubliant pas de vous protéger du feu ennemi. Cela devient plus un pointeur qu’un "shooter", car vous allez être sans cesse en mouvement pour pointer où vos soldats doivent se magner.
6Les soldats allemands ne débarquent pas par dizaines comme dans d’autres FPS de la WWII. Par contre, lorsqu’il y en a dans les parages, on les considère toujours comme des obstacles dans notre progression, et il faudra prendre la stratégie nécessaire pour les buter. Il est très cavalier de s’aventurer seul dans un planque allemande, surtout qu’il faut toujours quelques tirs avant de buter l’ennemi. D’ailleurs, vous passerez plus de temps à diriger vos escouades plutôt que de tirer sur les ennemis par vous-mêmes. Ajoutez à cela, un (peut-être) trop grand manque de précision de nos armes. Je veux bien croire que ce sont des armes des années 40, mais lorsque nous sommes pratiquement à bout portant, il ne faut pas 3-4 tirs pour faire visiter la terre à un soldat. Ajoutez à la difficulté un point très intéressant : enfin il n’y a pas de trousses de premiers soins à tous les coins de rue. Il n’y en a aucune! Vous devez donc terminer une mission sans mourir et en souhaitant que ce sera le cas de vos alliés sous votre garde. Vous pouvez manger quelques balles sans tomber au combat, du moins cela dépendra du niveau de difficulté auquel vous jouerez. Vous retournerez à 100% de vos capacités, ainsi que vos soldats, lorsque vous débuterez une nouvelle mission.
7Vous devrez passer au travers d’une vingtaine de missions étalées sur sept jours. Certaines d’entre elles devront être recommencées quelques fois avant de passer au travers. Certaines missions se font avec un soldat, une équipe, deux équipes, ou encore une équipe et un char d’assaut. C’est très sympathique de pouvoir se promener aux côtés d’un char d’assaut, quoique encore là, je ne le trouve pas toujours très intelligent, car il se sert beaucoup plus de sa mitrailleuse que de son canon pour déterrer les ennemis. Est-ce difficile de les repérer ? Oui et non. Lorsque vous êtes attaqués, il y aura des petits ronds rouges qui s’afficheront à l’écran. Cela donne l’endroit d’une planque ennemie. Le rond rouge signifie la confiance, et lorsque vous tirez dessus, le rond pâlira jusqu’à devenir gris ou noir. Dans ces temps-là, c’est que les soldats allemands se planquent, et c’est le moment propice d’aller les prendre par le flanc et de les éliminer. Parfois certains ronds ne donnent qu’une guère approximation de l’endroit où les ennemis sont. Il devient donc intéressant de peser le bouton Back, pour avoir une vue d’ensemble. Cela gèle le temps, et vous permet d’avoir une vue aérienne de votre position, celle de vos troupes, celle des ennemis, et une vue d’ensemble de la mission. C’est donc un excellent exutoire pour creuser ses méninges et voir un peu comment diriger ses troupes. Il ne faut pas être un fin stratège, mais il faut quand même un peu d’ordre dans ses idées. Le jeu fonctionne sous points de sauvegarde, et il faut parfois passer sous plusieurs feux ennemis avant d’en atteindre un. Heureusement, si vous échouez trop souvent et que vous avez perdu des soldats au combat, la guerre est peut-être injuste, mais pas le jeu vidéo : on vous donne la chance d’avoir tous vos soldats bien soignés pour poursuivre.
8La qualité graphique du jeu est très bien. L’environnement est très fourni et coloré. Les soldats sont quant à moi les plus jolis et les mieux détaillés dans tout l’ensemble graphique. On se sent vraiment dans une campagne française au milieu de nulle part en train de faire notre bout de chemin pour se sortir de cette guerre. D’ailleurs, plusieurs endroits visités sont de représentations virtuelles basées sur des photos d’époque ou bien de photos d’aujourd’hui avec l’hypothèse de ce à quoi cela ressemblait en 1944. D’ailleurs, vous aurez la possibilité de débloquer des bonis tout au long du jeu, qui pourront être visionnés dans le menu Extras. Vous y verrez des documents d’archives, des photos, les artistes derrière le jeu, des commentaires du colonel Andal sur certains aspects de cette guerre, etc. Fin de la paranthèse pour en revenir au côté graphique : le jeu est très fluide, mis à part en certains moments lorsqu’il y a des explosions. Autre petit défaut : en 2005, les textures peuvent être facilement plus détaillées que ce à quoi nous avons affaire dans ce jeu. Ceci dit, ce n’est qu’un commentaire d’un "hardgamer", car c’est un point que bien des joueurs n’examineront pas.
Le côté sonore est également une bonne réussite. La musique est bonne, l’ambiance en est une incertaine de guerre, et nos soldats ont leur personnalité propre : ils seront vantards, blagueurs, ou bien ils vous tomberont amicalement sur les nerfs. De votre côté, Matt Baker est plutôt philosophe. En effet, il nous racontera ses états d’âme dans les écrans de chargement au début d’une nouvelle mission. Parfois ses pensées sont noires, ou bien il sera nostalgique. Évidemment, ce ne sera pas les paroles les plus joyeuses, mais ses phrases ont quand même parfois un sens très profond.
Tous les shooters ont leur côté multijoueurs... ou presque. Certains sont amusants, car le jeu en solo est un jeu AAA (Halo 2, Half-Life 2, Medal of Honor, Call of Duty, Doom III...) donc une communauté florissante gravite autour de son mode en ligne. Par contre, il faut avouer une chose, la plupart des FPS en multijoueurs donnent droit à du deathmatch, team deathmatch, capture the flag, assaut et c’est pas mal tout. Dans le cas de Brothers in Arms: Road to Hill 30, on explore enfin quelque chose de différent. Cela ne fait pas de tort, loin de là ! Chaque mission met en présence des troupes allemandes et américaines ayant chacune des objectifs contraires à remplir afin de remporter la victoire sur le champ de bataille. Dans la peau de chefs d’escadrons allemands ou américains, les joueurs dirigeront des équipes d’assaut composées de soldats contrôlés par l’ordinateur. Comme dans le mode solo, vous donnerez donc des ordres à vos unités et vous devrez maîtriser la règle des 4F pour atteindre vos objectifs et éliminer l’ennemi. Autre point particulier : seulement quatre personnes pourront s’affronter en même temps, puisque chaque joueur a son unité sous son commandement. Il y a 10 cartes, 4 de destruction, 5 en mode escorte et une de "sniping". Plaisir garanti pour ceux qui auront apprécié la campagne en solo et son côté gestion de troupes.
En terminant, qui dit Ubisoft dit généralement support linguistique. Certains d’entre vous seront donc heureux d’apprendre que vous pourrez jouer à Brother in Arms: Road to Hill 30 en français, et ce, même si quelques petites fautes d’ortographe se sont glissées furtivement dans la traduction.

 

Jouabilité
Le jeu est un FPS, mais vous passerez plus de temps à positionner vos unités et leur donner des ordres que d’essayer de tuer un allemand. Cela en réjouira certains, et en décevra d’autres. Les situations sont variées, le travail sur le terrain est intense, puisque vous devez toujours trouver un moyen de mettre hors d’état de nuire l’ennemi. Ceci dit, il y a quelques petites imperfections ; vous devez bien positionner vos soldats pour qu’ils tirent là où vous le souhaitez, ils ne se déplaceront pas d’un point A à un point B sans votre aide lorsque vous désirez qu’ils couvrent tel point. Il y a aussi les armes qui sont parfois un peu trop imprécises à mon goût. 17 /20  

Scénario
Je félicite les scénaristes qui ont fait tout un boulot pour bâtir une histoire solide basée d’un fait vécu. Ils ont dû passer des heures et des heures dans les archives nationales des États-Unis pour se cultiver sur cette guerre et s’informer sur l’histoire de la 502e RIP, tout en incorporant des missions dans le jeu dont l’influence provient de faits véridiques. 20 /20  

Qualité graphique
Le jeu est très coloré et très fluide. On se croirait vraiment dans cette campagne maudite où tant de soldats ont laissé leur peau. Il y a par contre un travail plus minutieux qui aurait pu être fait sur les textures, qui manquent quelque peu de raffinement et de détails. 16 /20  

Qualité sonore
Excellente ambiance sonore qui nous plonge facilement dans l’univers de la Seconde Guerre Mondiale. Les personnages sont attachants, ils ont de bonnes répliques, qui deviennent répétitives à la longue, mais on ne le remarque pas trop, tellement nous sommes concentrés sur notre tactique d’attaque. 19 /20  

Durée de vie
Au total, une vingtaine de missions en solo, dont certaines devront être recommencées quelques fois avant d’en arriver à être capable de remplir les objectifs. Le jeu se terminera une première fois en environ 15 heures, ce qui est pas mal pour le genre. Étant donné que ce "shooter" mélange également de la gestion, la rejouabilité est intéressante pour recommencer certains niveaux et s’y prendre différemment ou se donner encore plus de difficulté pour atteindre notre but. Mode multijoueurs qui risque d’intéresser les possesseurs de Xbox Live!, car pour une fois, on peut féliciter les développeurs pour avoir bâti des modes de jeu en ligne différents. 17 /20  

 

Bref, on peut comprendre pourquoi Ubisoft est si enjoué d’avoir entre ses mains Brothers in Arms. Road to Hill 30 est très concluant, et laisse présager que de bonnes choses pour les prochains épisodes de cette série. Oui, c’est encore un "shooter" ayant pour thème la Deuxième Guerre Mondiale, mais ce jeu l’aborde d’une façon très différente. Tout d’abord, on se fie sur du vécu, sur des faits réels de la guerre. Ensuite, on ne se la joue pas à la super-héros, car tous nos hommes sous notre commandement sont importants, et vous aurez besoin de stratégie pour atteindre vos objectifs. Si vous vous retrouvez seuls, autant dire que vous êtes un homme mort. Finalement, le multijoueurs amène enfin du nouveau, car les différents modes de jeu sont tout nouveaux, rien à voir avec les "deathmatchs" ou CTF, communs à trop de "shooters".

90 %
 
Francis Brochu

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