CSI: Miami
CSI: Miami
ParRandy Springer
Genre : Aventure
Créé le : 12 janvier 2005
Dernière modification : 4 janvier 2009
Site web : CSI: Miami
Éditeur : UbiSoft
Développeur : 369 Interactive
Sortie en magasin : Décembre 2004
Config requise : Minimum requis:
Pentium III 750MHz
256Mo RAM
Carte de son compatible DirectX 9
CD-ROM 16X
650Mo d’espace disque
Carte vidéo 16Mo compatible DirectX 9
Windows98

Recommandé par HardGamers:
Processeur 1GHz et plus
512Mo RAM
Carte de son compatible DirectX 9
Lecteur optique 52X
3Go d’espace disque
Carte vidéo Radeon ou GeForce
WindowsXP
 
Images | Critiques des lecteurs
 
« L’homme naît naturellement bon, c’est la société qui le corrompt. » Jean-Jacques Rousseau n’avait possiblement pas tort en pensant ainsi, considérant le nombre effarant de crimes dans les grands centres urbains, où une masse de population est logée dans un minuscule coin de terre. Le taux de criminalité étant particulièrement haut aux États-Unis d’Amérique, nos voisins du sud ont développé des cellules d’enquêteurs très expérimentés à travers le pays, ce qui inspira Max Allan Collins à en écrire une série télé fort populaire et ce, à travers le monde entier. Toutefois, en restant à Las Vegas dans les récits de la série originale, CSI arrivait de plus en plus rapidement à une limite de créativité et d’innovations. Une idée surgit alors, celle de localiser un nouveau CSI ailleurs (car les meurtres ne surviennent pas tous à Las Vegas), avec une nouvelle équipe, cette fois-ci à Miami.

 

Image 1Ainsi, on se retrouve à nouveau dans la peau d’une recrue en quête de devenir un membre à part entière de l’escouade CSI locale, dans ce cas-ci à Miami, sous la gouverne de Horatio Caine, qui a beaucoup de pain sur la planche pour le petit nouveau, avec des cas qui sont pour le moins surprenants. Comme dans les précédents CSI, on a cinq enquêtes à résoudre et elles ne sont pas de tout repos, bien loin de là. Si Max Allan Collins découvrait le monde du vidéo ludique récemment avec le premier jeu de la série, rendu au troisième, il s’est déchaîné avec une créativité décadente, laissant derrière le passage de sa plume un univers extraordinaire, accrocheur, dont on ne se sépare que lorsque nos yeux ne tiennent plus à l’écran, ou tout simplement pour réfléchir (et s’arracher les cheveux, s’il nous en reste).
Image 2Par contre, si jamais dormir pour mieux réfléchir fait partie de votre rituel avec les jeux d’enquête, je doute que ce sera le cas avec CSI: Miami, alors que vous serez d’abord confronté à une délicieuse dépendance au récit, puis vous serez dégoûté par les scènes parfois horrifiantes montrées à l’écran, mais d’abord et avant tout, vous tournerez dans votre lit en pensant à l’enquête à résoudre, tellement on y accroche. Chose certaine, on a rarement le goût de dormir lorsqu’on fait une enquête, encore moins lorsqu’on la termine, car la suivante n’est pas une mince tentation.
Image 3Il faut dire que Collins sait tenir les joueurs en haleine, avec ses récits à tout casser. Lorsqu’on pense aux triangles amoureux qui font surface pendant les enquêtes, ça ressemble beaucoup plus à des pyramides, des prismes amoureux, où les liaisons sont parfois dangereusement inusitées. Chose certaine, les gens sains d’esprit, voire normaux, sont très peu nombreux, lorsqu’on analyse l’état psychologique de chaque personnage, qui a toujours un truc bizarroïde à cacher. Les différentes perversions humaines imaginables se retrouvent dans les âmes corrompues et tout y passe, vraiment tout, ça en est pratiquement traumatisant.
Image 4Oh, bien sûr, l’auteur n’a pas exploité que le côté sombre du vice humain, il est difficile de se retenir de sourire lorsqu’on retrouve une trace de sperme çà et là dans un endroit pas nécessairement politiquement correct pour copuler ou bien on mêle des affaires de drogue dans le capharnaüm de l’enquête, ça ajoute assurément beaucoup de piquant et du mordant à chaque petit récit, qui finit par emboîter dans les autres récits pour ne former qu’un seul tout, celui de CSI: Miami.
Image 5Si la plume de Max Allan Collins, véritablement de mieux en mieux, est à la base d’un succès énorme, il n’en demeure pas moins que les aspects plus techniques ne sont pas à négliger. Après tout, si la série télé a ses caméramans, son directeur photo et tout le tralala, le jeu lui, possède ses artistes et artisans, qui ont œuvré à la conception du produit final.
Image 6Bien que le graphisme de CSI: Miami n’accote pas Doom 3 d’une miette, il demeure malgré tout un des plus beaux jeux d’enquête sur le marché, entre autres avec sa panoplie de décors tous plus colorés et détaillés les uns que les autres. Les personnages quant à eux, autant humains qu’animaux, sont aussi bien rendus que les décors, mais leurs animations, autant corporelles que faciales, deviennent assez facilement répétitives et ne collent pas toujours parfaitement avec les paroles qui sortent de leur bouche, ce qui n’empêche pas qu’il y a nette amélioration avec les précédents CSI, qui n’étaient pas du tout au point à cet effet. Quant aux cinématiques, elles sont toujours ce qu’elles ont été, c’est-à-dire très jolies, mais avec une compression assez douteuse qui pixellise parfois quelques animations qui méritent mieux, car le travail y a été accompli avec brio.
Image 7Au niveau sonore, ça se corse un peu, car un peu comme à la guerre, on rationalise et on recycle, et c’est ce qui est arrivé avec CSI : Miami. On a pris l’intégralité des sons des vieux CSI et on les a apposés au nouveau, rien de plus ni moins, mis à part quelques extraits sonores particuliers qui ont été empruntés, eux, à la série télé, ce qui n’est pas mal en soi, mais il y a place à amélioration. Toutefois, les voix se démarquent complètement de la concurrence, il n’y a pas à dire, il n’y a pas de dialogues et répliques cheesy, ni des intonations irréalistes. On a vraiment l’impression de regarder des acteurs jouer leur rôle, même mieux encore, on ne remarque pas que ce sont des acteurs, on sent les personnages, ils dégagent des émotions dans leur voix, et ce, avec un talent hors du commun.
Image 8Cependant, la chair autour d’un jeu n’est pas si l’os n’est pas non plus. Ainsi, pour réussir la recette qui a fait des autres CSI des succès, il fallait reprendre une jouabilité semblable. Dans un monde capitaliste où l’argent est roi et qu’une recette fonctionne déjà, l’innovation n’est pas reine, mais elle n’est pas tant nécessaire. Conséquemment, en utilisant les mêmes principes que les précédents opus, on doit éclaircir les troublants mystères à l’aide d’analyses, détections et collections d’objets et preuves. Évidemment, il y a quelques ajouts çà et là, c’était inévitable, mais la formule reste essentiellement la même. Entre autres, on a ajouté le décryptage de messages dans les analyses, un truc qui s’avère, ma foi, un nouveau "challenge" très captivant pour les plus intellectuels et logiques, mais peut-être moins agréable pour les moins futés, qui s’arracheront les cheveux plusieurs fois, j’en suis convaincu. Bref, le niveau de difficulté est légèrement rehaussé, mais CSI : Miami demeure tout de même un divertissement très accessible pour le grand public.
Évidemment, lorsque le public s’élargit et que le niveau d’habileté est dissolu dans la masse, on peut croire que la qualité et la quantité en souffrent, mais ça ne semble pas le cas avec CSI : Miami, qui est véritablement accessible à tous. De plus, tout dépendamment du niveau de difficulté choisi, un joueur moyen peut prendre entre 10 et 20 heures pour le compléter, ce qui me semble un peu au-dessus de la moyenne des jeux de nos jours, particulièrement une franchise commerciale comme CSI, qui a fait un bon bout de chemin déjà dans le marché des jeux vidéos. Ajoutons qu’avec un produit d’aussi grande qualité et aussi accrocheur, il ne serait pas étonnant de savoir que plusieurs passeront une journée entière, une nuit, DES nuits consacrées au jeu, qui tient éveillé comme un zombie de George A. Romero.

 

Jouabilité
Le jeu est intuitif en tout point et la difficulté est ajustable et personnalisable selon ce que vous vous considérez comme joueur. La recette est la même que les précédents CSI, mais avec un tantinet plus de difficulté je dirais, ce qui ajoute indubitablement beaucoup de plaisir au jeu. Toutefois, ce logiciel comporte ses défauts, notamment quelques indices un peu trop évidents (pour compenser les plus durs?) et quelques problèmes au niveau des menus, parfois inaccessibles. De plus, en version 1.0, il y avait plusieurs bogues assez importants, comme des plantages (!) du jeu. 14 /20  

Scénario
Chacune des cinq enquêtes est ficelée à la perfection, on plonge littéralement dans les récits abracadabrants des crimes commis et on n’en sort pas tant qu’on n’en a pas terminé. L’intrigue est tout simplement digne de romans policiers, c’est peu dire, vraiment, l’histoire est géniale, on passe de triangles amoureux à des détraqués mentaux et aux histoires de drogue, bref, le menu est délectable. Et évidemment, pour ceux qui ont suivi les deux précédents jeux, la fin nous réserve à nouveau de belles surprises… 20 /20  

Qualité graphique
Les personnages et décors sont bien rendus, sans pour autant surclasser la crème de la crème des jeux vidéo, mais ça reste néanmoins probablement un des plus jolis jeux d’enquête sur le marché, avec ses formidables (et dégoûtantes) scènes pré-rendues qui se perfectionnent en terme de qualité à chaque CSI. D’ailleurs, les détails sont plus nombreux qu’avant et ce n’est certainement pas déplaisant pour la rétine! Le plus gros point faible est probablement au niveau de l’encodage des vidéos, qui aurait pu profiter d’un meilleur taux d’échantillonnage (bitrate). 14 /20  

Qualité sonore
Contrairement aux précédents opus de CSI, je ne crois pas avoir décelé une seule réplique de type « quétaine » où une réplique qui sortait toute croche. Au contraire, j’ai bien l’impression qu’en terme de "voice-acting", on frôle la perfection. Par contre, en ce qui concerne les bruits et l’ambiance, on retrouve pratiquement les mêmes sons et légères musiques d’angoisse que les prédécesseurs au jeu, mis à part quelques trucs spécifiques à la série de Miami. 13 /20  

Durée de vie
Pour les plus mordus au mode de jeu le plus facile, l’histoire se fait en un clin d’œil de moins de dix heures. Les plus coriaces oseront affronter le mode de jeu difficile, alors qu’on doit tout exécuter nous-mêmes ou presque, bref, ça n’est pas de tout repos et la cervelle y travaille avec acharnement pendant plusieurs heures, de 10 à 20 pour le mordu moyen. Malheureusement, comme n’importe quel jeu d’enquête ou d’aventure, il est difficile d’en décrocher et la plupart finiront le jeu en cinq jours maximum, à fréquence d’une enquête par jour. 16 /20  

 

CSI : Miami est, à mon avis, un incontournable pour tout amateur de jeux d’enquête. Il rivalise très bien avec les autres jeux du marché et est aussi intéressant, voire plus, que ses prédécesseurs. Vous en voudrez encore plus après l’avoir terminé, moi-même j’attends avec grande impatience le prochain jeu CSI, qui je l’espère (j’en ai point doute) est sur les planches en ce moment. Cette franchise au niveau du divertissement ludique est une petite merveille et elle ne cesse d’impressionner. Rendez-vous dans un an?

90 %
 
Randy Springer

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